jeudi 18 juillet 2013

Ce matin, j'aurais mieux fait de rester couché !!!

Petit billet pour faire croire que j'ai de l'actu alors que je te balance du gros réchauffé !!! Il y a une bonne paire de mois au moins, ma popine Audrey m'avait demandé de lui écrire un petit truc ... avant que tu ne fabriques des images triviales sur ce dernier propos, laisse moi tout de suite te préciser de quoi il en ressort.

Ma popine Audrey, elle travaille à la télé, plus précisément dans une société de production audiovisuelle dont je tairais le nom pour 2 raisons : par soucis de confidentialité et parce que elle me l'a dit mais que je m'en souviens plus. Au printemps, sa boîte répondait à un appel d'offre pour un access prime time d'une grosse chaîne ex hertzienne dont je tairais le nom pour 2 raisons : par soucis de confidentialité e parce que j'adore faire des secret de polichinelle, ça me donne l'impression d'être important. Pour cet émission, elle avait imaginé diverses chroniques dont une, pour laquelle elle avait sollicité ma plume si fleurie, cavalière et inexpugnable (je sais que, dans le contexte ça veut pas dire grand chose tout ça mais j'aime bien ce mot) :

Audrey : "Dis donc Pepsi Koko, ça t'amuserait de mettre ton immense talent et ta verve si fine au service de ma boîte ? Ca m'éviterait de le faire ... "
Pepsi Kola : "C'est payé ?"
Audrey : "Ben bien sur que non !"
Pepsi Kola : "Cool alors ouais j'suis chaud, ça consiste en quoi ?"

Cette fameuse chronique doit durer 2 minutes et le principe c'est "Ce matin, j'aurais mieux fait de rester couché !". Dans le système judiciaire, les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux. À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes. Voici leurs histoires, toudim :

"Je savais bien que ce matin encore, j’aurais dû rester couché. Réveil habituel, soit plus ou moins 30 minutes après la première sonnerie, ce qui signifie transport bondé, en retard au boulot, le parfait cocktail pour démarrer la journée énervé. Radio sous la douche : La Corée du Nord menace d’envoyer une bombe atomique aux États Unis ! Guerre nucléaire en vue ? Je ne crois pas, pourtant ça ferait du ménage et ça nous permettrait d’y voir plus clair mais j’apprends ensuite qu’ils ne pourront pas l’envoyer plus loin que Hawaï, c’est encore pas aujourd’hui que ma misanthropie va être satisfaite. Je coure dans le métro, je souffre au bureau, tout ça à cause d’un apéro un peu massif, je sais que je vais passer ma journée à regretter mon plumard. Information importante : le ministre du Budget français, Jérôme Cahuzac, responsable entres autres choses de la lutte contre la fraude fiscale a officiellement un compte en Suisse, il regrette d’avoir menti, je suis déception et colère à la fois. Il n’y aurait « que » 600.000 € (soit l’équivalent de 35 ans de SMIC, une broutille). J’ai bien une solution à base de balle de 44. Magnum derrière la nuque mais on va encore me dire que je suis excessif (d'autant qu'un 9mm sinon même un 22 long rifle suffit amplement). La banque suisse dément et protège l’information. Pour qu’une banque helvète sorte les griffes de la sorte, je me plais à penser qu’il doit y avoir un tout petit peu plus. J’ai mal au crâne. En même temps, moi je ne suis pas surpris du comportement d’un peuple qui a été capable d’arracher des dents en or dans des charniers en 1940. Je suis épuisé. Je rentre chez moi, me prépare à sortir. Une fois n’est pas coutume, ce soir j’ai un date. Ça éclaire un peu ma journée. Mais à 45 minutes de l’heure fatidique, la belle annule notre entrevue de ce soir, avec une excuse plus que fallacieuse. Rien à la télé, j’ai fait trop cuire mes spaghettis, ça ressemble plus à un gâteaux au basilic qu’à des « pasta con pesto alla Genovese » et pour couronner le tout, il est 1h du matin, impossible de trouver le sommeil et je suis en rade de clopes. Décidément, ce matin, j’aurais dû rester couché !"

Bon ça a été remanié par l'intéressée avant d'être présenté car (comme je le soupçonnais) c'était à peine assez "Ménagère de moins de 50 ans" pour France Television (oups héhé), là je vous soumet la version uncut. Et au final ça a servi à rien ! C'est la tout le sens de mon existence : faire n'importe quoi ... mais pas n'importe comment !

Voilà, du foutage de gueule dans les grandes lignes, un pseudo billet, mais déjà ça t'occupera 10 minutes au bureau. Histoire d'être peinard prend un air concentré en le lisant, tu pourras ensuite expliquer qu'il s'agissait du prochain plan social de ta boîte et que c'est de voir le nom de ton voisin d'open space dans la liste du 1er wagon de départ qui t'a amusé : on te prendra pour quelqu'un d'important et y a moyen que t'ai pas à payer ta tournée de café avant un moment !

lundi 22 avril 2013

Django Unchained - Quentin Tarantino


Oh putain, 6 mois déjà !!! D'aucun diront que je suis une sale couleuvre et il n'aurait pas complètement tort, mais ces temps ci bordel de merde c'est la course, dans tous les sens du terme. D'autant que cette chronique est prête ou quasiment depuis pas loin de 2 mois. Pour commencer quelques menus projets musicaux notamment avec Welcome Noise : on vous prépare un petit EP acoustique de derrière  les fagots, pour animer vos BBQs cet été (un feu de camps, quelques zouzes légèrement vêtues, des saucisses, what else !), suivi de quelques concerts en version guitares en bois car il ne faudrait quand même pas oublier que enregistrer des disques n'a pas d'autre but que de nous permettre de faire des concerts. Et comme on vieillit on s'est dit qu'une petite incartade débranchée ça pouvait être rigolo … ça et le fait que ça plait aux meufs a suffit à nous décider donc stay tuned ! Ensuite normalement on s'enferme dans notre charmant studio de répète bleu ciel (chez nous c'est toujours la Californie comme ça) et on va faire de notre mieux pour tenter de vous composer un album, donc tu vois que je te dis pas que des conneries quand j'avance qu'on s'occupe pas mal. Si mes copains calment leurs ardeurs reproductrices, ça devrait le faire. Rendez vous compte qu'on est en 2013 et qu'ils n'ont toujours pas compris qu'on pouvait copuler sans se reproduire, mais c'est une autre histoire …

Avec les Nasty Monkees, c'est plus calme mais quelques concerts en prévision donc faut bien bosser un peu. J'ai un autre projet non musical qui m'occupe bien l'esprit mais dont je ne te parlerai que plus tard c'est encore trop flou mais si je le mène à bien, ça va être chanmé. Je t'en dis pas plus car c'est encore trop vague pour en dire plus, mais promis je t'en recauserai. Et pour finir, en ce moment je tente de devenir meilleur (si tant est que c'est vraiment possible … que c'est bon d'être con et prétentieux !), reprise en main, du sport, grosses réflexion sur plein de choses, ont fait que j'avais d'autres choses à foutre que d'être une sorte de modèle pour toi, de te dispenser mes conseils avisés pour l'élévation de ton esprit, de t'écrire des chroniques quoi. Mais là il suffit.

6 mois fatidiques en plus  car entre tant on a changé d'année. Donc je l'avais encore pas fait mais voilà : meilleurs voeux pour cette année 2013, qu'elle soit chargé en argent, santé, bonheur, sexe, drogue et rock'n'roll (un peu de décadence ne fait jamais de mal, tout est question de dosage) !!! Et qui dit nouvelle année, dit anniversaire de "Pepsi Kola is thinking" donc happy joyeux moi même ! Pour arroser ça j'avais aussi de grands projets notamment une refonte total de l'habillage de ce modeste blog, ce que je n'ai bien entendu pas pris le temps de faire comme tu le constates. Alors oui je sais ce fond rose est plutôt hideux. Note que moi ça me dérange pas, mais je me suis pris quelques réflexions donc promis cette année je fais quelque chose pour trouver une issue heureuse à ce défaut esthétique. T'attends pas non plus à l'empire du bon goût et de la pointe technologique, je suis une grosse pipe en informatique et j'aime être ringard. Donc j'essaie de te faire ça bien dans les mois qui viennent.

Tout ça pour en venir où, parce que pour le moment tu sais pas trop de quoi je vais te parler avoue le. Moi même je vois encore pas trop où je veux en venir. Une fois n'est pas coutume, je ne tenterai donc aucune galipette hasardeuse pour tenter de revenir au sujet et je ne te fais pas bouillir plus longtemps, rentrons direct dans le vif du sujet. De quoi que je vais te parler aujourd'hui. Au début, je voulais te parler d'un film que j'avais tout vu récemment (oui 3 ans après tout le monde et alors) l'excellent Gran Torino, du non moins brillant Clint Eastwood (le fait d'être un vieux con réactionnaire n'enlève rien au fait que c'est un artiste de grand talent) et puis finalement j'ai vu du neuf neuf donc encore mieux. Donc finalement ce sera le brillant Django Unchained de Quentin Tarantino. Pourquoi ce revirement ? Mais parce que je suis chez moi et que du coup, je fais bien ce que je veux

Ne perdons pas nos bonnes vieilles habitude, je continue mon immonde réclame pour les brioches à la confiture, le pitch donc :

Ca démarre en 1858, dans le Sud des Etats Unis, peu de temps avant la Guerre de Sécession, un ancien dentiste dandy allemand reconverti en chasseur de prime gentleman mais sans pitié, le Dr King Schultz (l'énormissime Christoph Waltz),  libère Django (Jamie Foxx), un esclave, car il est avéré que notre bon nigga (certainement le mot le plus utilisé de ce bon dieu de film) pourrait bien lui permettre de gagner un peu d'agent en lui permettant de retrouver 3 contre-venants à la loi, recyclés en contre-maître dans une ferme de coton du Sud du Texas. Une fois la mission accomplie, Schultz se prend d'amitié pour son "valet" (en français dans le texte) et li apprend les rudiments du métier pour lequel, Django semble prédisposé. Après divers pérégrinations, ils se décident à sortir des griffes de Calvin Candy (un surprenant Leonardo Di Caprio), un riche et impitoyable propriétaire terrien du Mississippi, la femme du bon Django et échafaudent un bon petit plan pas piqué des vers.

Je vous en dis pas plus histoire d'entretenir un peu le mystère, non mais. Au début cette chronique devait parler de Gran Torino (l'appel aux dons est toujours ouvert mais pas pour des chaussures cette fois, une Ford Gran Torino, ça irait bien avec ma nouvelle vie je trouve) parce que j'ai vu ce film y a pas, comme je te l'ai déjà dit et comme pour une fois j'ai de la vraie actualité neuve, et c'est quand même pas tous les jours, à force tu commences à me connaitre. Alors pour une fois que j'ai que 3 mois de retard par rapport aux Cahiers du cinema (et que je suis généralement moins snob), je vais pas me priver !!!

Et bien que dire, un excellent Tarantino pas le meilleur qu'il ait fait, pas mon préféré en tous les cas, mais tout y est dans l'ensemble. Déjà parlons peu, parlons bien, la distribution. Comme à chaque fois avec Tarantino, elle est simplement dingue. Déjà, dans le rôle titre, Jamie Foxx, qui est noir en premier lieu, ce qui est un avantage non négligeable quand il s'agit de jouer le rôle d'un esclave d'origine africaine. Coïncidence ? Je ne crois pas. Ensuite, c'est un acteur plutôt brillant et ce rôle de justicier lui sied à merveille. Leonardo Di Caprio ensuite plutôt juste lui aussi comme négrier et propriétaire terrien puant et fourbe. A noter quand même que ce mec m'énerve car même avec des dents pourries il reste beau, et qu'il joue drôlement bien … en plus de pas avoir fait beaucoup d'erreurs quand à ses choix de film et de ses petites amies. Samuel L. Jackson est assez ahurissant dans son genre aussi, mais je vous laisse la surprise. Et bordel de putain de merde, Christoph Waltz. La voilà LA pépite de cette distribution. Prestation énorme dans son rôle de dandy meurtrier mais toujours pour la bonne cause :la Justice (enfin en ce qui le concerne l'argent surtout) non dénué d'empathie et drôlement en avance sur son temps dans le film. Lui m'a mis une grosse calotte !!! Et on oubliera pas le sempiternel petit rôle que s'octroie le réalisateur. Alors à ce sujet, autant quand il était plus jeune, je le trouvais très bon (ceux qui en doutent, regardez "Une Nuit en Enfer"), autant plus le temps passe moins je le trouve bon, mais c'est pas très important. Pour les curieux que ça intéresse, et je me permets d'insister sur le masculin du terme curieux, le quota "jolies fille" est fort bien représenté par Laura Cayouette (t'inquiète moi aussi je trouve ça étonnant comme nom, ce mot là je croyais que ça correspondait au petit écouvillon doseur sur les bouteille de Ricard) et Kerry Washington essentiellement et c'est déjà bien. Qu'on se le dise vous n'irez pas voir Django Unchained pour voir du soutif apparent et du mini shorts, c'est un western ne l'oublions pas. Et on a même droit à un Don Johnson, producteur de coton xénophobe à l'extrême, qui permet une petite scène assez drôle avec ses copains du KKK, je vous en dis pas plus (ce qui d'ailleurs parfaitement anachronique, mais nous lui excuserons cette erreur)

Pour ce qui est du reste : scénar, réalisation, … c'est Quentin aux manettes donc comme à chaque fois, tout y est. Scénar en béton, c'est alletant, violent, sanglant, sans oublier d'être drôle et subversif. Quelques extrémistes type Spike Lee décrient le bazar, comme quoi, l'esclavagisme c'était un peu plus qu'un western spaghetti, que le mot nigga est utilisé à toutes les sauces à tort et à travers et qu'il refuse de le voir. Raisonnement on ne peux plus pertinent, critiquer un truc qu'on ne connait pas, j'adore !!! Mr Lee, le racisme fonctionne dans les 2 sens et non je ne pense pas qu'il faille être noir pour décrier ce grand drame de l'histoire du monde. Personnellement j'ai pas besoin de baiser Clara Morgane pour affirmer sans aucun doute qu'elle est sacrément bonne au plumard. Et Tarantino n'a jamais eu ma prétention de faire un film profondément militant … ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas de le faire. Et puis ce n'est que du cinema, une histoire, ancrée dans une époque avec laquelle il faut composer, et puis merde, ce film est très bon, point. On se rend bien compte de la cruauté et de l'inhumanité des méthodes, t'inquiètes ! On constate aussi, si tu en doutais que les Zétasunisdamérik, c'est un putain de beau pays quoi qu'on en dise. L'intrigue est mené d'une main de maître, c'est pas le pays des bisounours et nos trublions vont en baver des ronds de chapeau je te le promet

Point musique ensuite. Ben c'est du Tarantino donc rien à jeter : Ennio Morricone (normal pour un western spaghetti), Luis Bacalov, … mais aussi RZA. Du hiphop dans un western ça marche, va voir par toi même.

En conclusion, oui ce n'est pas mon Tarantino préféré je le concède bien volontiers mais bordel de merde, quoi qu'on dise, un Tarantino, y a pas, à chaque fois ça pète un cul !!! Donc tu vas me faire le plaisir de te dépêcher d'aller le voir. Oui le cinéma c'est cher mais les places mi tarif du Comité d'entreprise c'est pas fait pour les chiens bordel à queue.

Note : Cette chronique ayant été réalisée dans le train, je tiens à remercier la SNCF d'avoir rajeuni les équipes de contrôleurs et fait la part belle à l'égalité homme - femme, et féliciter l'excellent travail des tailleurs de costumes pour dame, les pantalons sont drôlement bien ajustés !!!

dimanche 18 novembre 2012

Refused / the Bots / Snafu - Le Bataclan - 09/10/2012


Putain de mois d'octobre tiens. On aura eu droit à une démonstration de bêtise universelle. Le temps, la politique, la télé, mon cerveau, tout fout le camp bordel de merde. La faute à qui ?? Ben peut être un peu la tienne. Sous prétexte que moi je branle rien, tu viens plus lire. Et ben c'est pas joli-joli, sache que je ne te félicite pas. J'ai battu en septembre mon record du plus petit nombre de visites. Bon j'ai posté qu'un seul truc, je te l'accorde, mais je suis sur que plein d'entre toi ont vénère de retard. Alors moi faudrait que je poste du neuf tout le temps, et toi tu t'octroierais le droit de pas lire ce que tu as pas lu, sous le seul prétexte que ça t'intéresse pas ?? Je suis déçu, très déçu. On m'avait dit vachement de bien de toi en plus. 

Voilà comment en quelques lignes je ramène la situation à mon avantage. Je sais c'est petit et mesquin mais je suis français. Tut te rappelles : se plaindre, s'aigrir, rechigner, … que des disciplines nationales. Renaud nous assénait il y a maintenant 30 ans que si le roi des cons perdait son trône, il y aurait 50 millions de prétendant. Si le séparatiste du 14e arrondissement nous voyait aujourd'hui, il se retournerait dans sa tombe, on est 10 millions de plus à espérer. Mais ça va, il est mort en même temps que sa rébellion aux yeux de tous (et de son alcoolisme aussi). Lui aussi, il fait bien pitié aujourd'hui. Tout comme toi, qui passe tes heures de bureau sur le Bon Coin ou sur Livredevisage au lieu de venir te reposer tranquillement le cerveau sur mon blog. Rhaaaa la vache, je trouve ça tellement écoeurant que j'en rendrais bien mon quatre heure. Comme mon quatre heure est composé d'une cigarette ou 2, ça va, on prend pas grand risque non plus … un bon mollard épais, tirant sur le marron, rien d'autre : un petit glaire tout mignon quoi !!! 

T'esquintes pas à chercher une once de cohérence dans le billet d'aujourd'hui, il n'y en a aucune. J'ai eu une semaine chargée en émotion et accessoirement en copains et en alcool. Ca doit être le contre coup !!!  En plus je t'écris cette missive du train qui me ramène de Paris à Orléans (et qui est en retard au passage) en écoutant l'excellentissime Scott H Biram, donc, tu en conviendras, j'ai de quoi avoir la tête ailleurs. Tout ça pour en venir où ? Mais je te le demande mais comme tu viens plus me voir tu suis plus c'est normal. Tout ça pour dire que tu sais pertinemment que je suis un être confit de principes à la con et que j'ai notamment une sainte horreur des groupes qui se reforment après avoir splitté. J'ai vu les RATM à Bercy, il y a quelques années, c'était cool, mais pas non plus LE concert. Et une place à 50 boules, des t-shirts à 35 et des hoodies à 60, les mecs donnent le ton : "Ca nous fait chier de rejouer ensemble mais on a tous très franchement besoin d'argent". Que Michel Fuguain remonte le Big Bazar, je m'en cague furieusement, mes que des groupes qui avaient un discours, une éthique, qui ont même été un peu des exemples pour moi et plein d'autres kids tentent de nous faire croire qu'ils remontent leur groupe mythique 15 ans après son split uniquement par plaisir et par envie, je me gausse. Tout ça pour dire que j'ai vu Refused au Bataclan, et que bien que je rêverais de pouvoir te dire que j'ai détesté, ou qu'au moins j'ai trouvé ça bof, ça m'aurait fait du bien, ben même pas c'était énorme, c'est pour ça que je suis en colère un peu, bordel. Si je peux même plus me fier à mes principes mesquins, où va le monde. Bouges pas je te raconte.

La place était réservé depuis un petit peu avec Sardis et Chouchoune, à savoir ma petite soeur et son damoiseau, et on ne cachait pas notre impatience. SNAFU, the Bots et surtout les cultissimes Refused, à 10 minutes à pied de l'appart. Bon 15 bonnes sachant que j'avais une cheville en vrac mais est ce vraiment intéressant. En sortant du taf, je retrouve donc les intéressés en bas de chez moi, non sans avoir fait une bise à Jean Louis, un vieux, pote, faut pas déconner, on est pas des bêtes. On prend donc la direction du Bataclan où l'on avait prévu de retrouver plein de copains de Paris mais aussi d'Orléans qui avaient fait le déplacement en masse. On check tout le monde, on se fait la bise on boit des bières et c'est au tour de Snafu de cracher la purée.

Quintet parisien de new school HxC, j'en avais souvent entendu grand bien, je trouvais les enregistrement plutôt cool dans l'ensemble et ils n'ont pas fait mentir mes principes et idées préconçues eux au moins. En un mot (2 en faite mais bon si j'en met qu'un seul ça veut plus rien dire. Je ne peux quand même pas, tel un lycéen ordinaire, allez contre tous les grands principes de la grammaire, je fais déjà suffisamment de fautes d'orthographe comme ça) : ça rocks. C'est vénère, énergique, rock'n'roll, les gaziers ne s'économisent pas, même s'il est vrai que partager la scène avec Refused, ça doit coller le gourdin comme il faut, ça doit rendre aussi fébrile un peu. Tracks bien foufous, bonne énergie, excellente prestation des franciliens. Merci à eux.

L'heure de la pause, on file vite fumer une clope, reprendre des bières et on tente de retrouver les copains qu'on sait présent mais qu'on a encore pas eu l'heureux loisir de croiser et de biser. A peine le temps d'attraper une nouvelle bière (enfin on l'a prise mais c'était juste) et c'est à  ce moment là que the Bots se décide à balancer la sauce.

Alors the Bots pour faire court, ce n'est rien d'autre que 2 putain de Kids de 18 et 15 ans, 2 frangins de Los Angeles, petits protégés des Bad Brains entre autres. Il y a du Yeah Yeah Yeahs, du Black Keys, dans tout ça, la fraicheur en plus, et le snobisme rock'n'roll en moins. Le plus grand à la guitare, le petit à la batterie et j'aime autant vous dire que ça rigole pas. Musicalement, ça bucheronne comme il faut, et l'attitude sur scène est mortel. Juste deux kids, 2 frangins qui s'amusent et nous en font profiter. Ils occupent tout le plateau du Bataclan qui est loin d'être tout petit. Ce que ça peut faire du bien ce genre de moment dans le trop souvent morne paysage rock'n'rollien ambiant. Alors c'est sur, le constat serait surement différent s'ils étaient plus vieux mais peu importe, quand on voit de quoi ils sont capables à cet âge là, ça risque de faire très mais alors très mal d'ici 5 ou 10 ans, vous pourrez pas dire que je vous ai pas prévenu.

Pause à nouveau, le programme reste le même. Ca dure un peu longtemps, mais vu leur statut, ils ont bien le droit de se faire un peu désirer. Car oui, mes yeux ne pleurez pas, Refused s'apprête ou nous balancer son HxC super sonique dans les cages à miel, et ce soir là, valait mieux bien être accrocher à son slip.

REFUSED !!!! Tu veux vraiment que je développe ? T'es un poil lourd la bon dieu, je crois qu'il y a rien à ajouter. Manger "New Noise" ou "Razor be dead" en plein museau et même si je m'y étais préparé : AOUCH !!! Immense, la grosse grosse classe, c'est ultra furieux, ça saute partout, j'ai envie de te dire qu'ils n'ont rien perdus de leur superbe, bien que je ne les ai pas vu à l'époque où il aurait fallu. Dennis Lyxzén et ses sbires nous font l'intégrale de tout leurs meilleurs titres, j'en ai encore l'oeil humide. Un grand très grand moment de musique. Les titres sont joués sur la lame du rasoir, c'est violent, rageux et désespéré, juste comme il faut. Je sais pas ce que tu as fait toi ce soir là mais clairement, le mardi 9 octobre 2012, c'est au Bataclan qu'il fallait être, et là je me la pète un peu sinon beaucoup, parce que je ne t'y ai pas vu. Pourtant on était nombreux, enfin tant pis pour toi, à un moment moi je peux plus faire grand chose. Je distille déjà, et non sans plaisir en plus ce qui devrait te toucher je l'espère, mes petits conseils plus ou moins avisé sur les choses que j'aime bien. Je ne prétends surtout pas avoir l'apanage du bon goût (loin de là) mais ce soir là, Refused fut bonheur, joie et décadence (t'as vu je l'aime bien cette expression et te la ressort à toutes les sauces).

Fin de soirée dans une pizzeria très moyenne avec Chouchoune, Sardis, Weel et grand Max car nous avions grand besoin de nous restaurer, surtout les 2 derniers trublions qui reprenaient la route direction Orléans dans la foulée. Retour à 2 à l'heure parce que je sais plus si je t'en ai parlé mais je m'étais fait une entorse à le cheville la veille dans les couloirs du métro et que je commençais vraiment à douiller. Merci à la Suède d'avoir enfanté d'un tel monument, merci au Bataclan de cette excellente soirée, c'était cool !!!

lundi 15 octobre 2012

Louise-Michel – Benoit Délépine / Gustave Kervern

C’est non sans honte que je me remets à l’écriture. Plus d’un mois sans nouvelle tu devais t’inquiéter … enfin j’espère un peu que tu t’inquiétais mais j’y crois pas trop. Je me sentirais flatté de cela, mais je doute fort que Pepsi Kola est pris une telle place dans ta vie. Enfin, toujours est-il que si tu t’ennuies au bureau et que tu connais déjà par cœur toutes mes chroniques, fais un tour dans les liens que j’ai à droite là, c’est que du bon. Notamment le blog d’un Odieux Connard, qui est très certainement un de mes bloggeurs préférés : vicieux, malsain, jamais content, critique sur tout, spoileur, sa verve acerbe et sa mauvaise foi te feront toujours passer un bon moment.

Bon promis cette fois j’essaie de m’y tenir un peu plus, c’est pas que j’ai pas de matière (sans j’en ai plein d’avance t’inquiète), c’est juste que j’avais pas masse de temps à consacrer au blog en septembre : plein de concerts avec Welcome Noise et The Nasty Monkees, une semaine de vacances sportives (bodyboard et pêche ça compte ça non ?) mais également un peu éthyliques, je te le concède bien volontiers avec 2 popains, l’orga de notre grosse soirée annuelle avec herr Bichon, etc … donc je l’admet, l’excuse est facile d’accord, mais je t’ai déjà expliqué à quel point j’étais ramier et d’une et à quel point je le serais moins le jour où, enfin, vos dons me permettront de me payer les Nike MAG x Marty McFly x Back to the Future, je vous rappelle l’adresse : 

Pepsi Kola Holding
Le Centre Bourg
75 Paris

Je dois bien avouer que cela me remonterai bien le moral car je commence à désespérer pour l’espèce humaine quand on voit le nombre de têtes pleines d’eau qui nous entourent au quotidien, dont une bonne partie nous dirigent en plus, c’est dire si on a le cul bien enfoncé dans les ronces. Il faut que je te raconte une petite histoire pour justifier mon propos.

Il y a quelques mois de cela, je descendais dans la station de métro Voltaire, comme tous les matins pour me rendre au cravail. Comme tous les matins, j’étais en retard et encore un peu dans ma nuit. Je me présente devant les portiques et celui que j’avais initialement choisi était occupé par un usager peu coutumier de la Régie Autonome des Transports Parisiens, et qui du coup galérait un peu à passer. Tel un chat, j’ai bondi vers le portique attenant pour éviter de perdre 5 minutes derrière un provincial peu dégourdi (que c’est bon d’être puant et hautain quand on vit à la Capitale). Je n’avais malheureusement pas vu un cinquantenaire un peu pressé, mais surtout agressif (ce que j’apprendrais assez rapidement) et lui ai sans aucune gêne griller la priorité. « Il vous plaisait pas l’autre portique » furent à peu près les mots qu’il me lança. Je dois vous préciser qu’avant son intervention en langage évolué complet (je préfère le préciser quand même car venant de la part d’une tête de nœud comme ça, un grognement aurait pu suffire) je ne l'avais même pas vu, ce genre de chose arrive mais à priori pas avec lui. « Excusez-moi monsieur » lui répondis-je avec sincérité. Et à partir de là et ce jusqu’à ce qu’on monte chacun dans une rame différente du métro il m’a tout simplement agressé verbalement (et dès le réveil ce qui devrait être passible de mort par pendaison testiculaire). J’ai même eu droit à la question suivante : est ce que je me rabattais comme ça sans regarder quand je suis au volant, parce que si tel était le cas je devais avoir beaucoup d’accidents. Ce à quoi j’ai répondu par l’interrogative moi aussi en lui demandant si lui était coutumier du fait de doubler par la droite, car je trouvais ça dangereux un peu. En gros, il gueulait et je jouais au naïf. Il m’a donc très vigoureusement molesté les noix pendant quelques minutes jusqu’à ce que, n’y tenant plus, je prenne mon regard autant chargé d’exaspération que de dégout pour mon semblable (quand il se comporte ainsi, entendons-nous bien) pour lui demander : « Honnêtement, c’est une passion ? », « Quoi ? » me répondit-il sur un ton dédaigneux, « Ben casser les couilles aux gens comme ça, dès le réveil, ça peut pas être anecdotique, c’est forcément une passion ». Je l’ai entendu marmonner quelques insultes à mon encontre, mais marmonner tout bas vraiment. Ce qui vérifie le lieu commun énoncé par le grand Audiard qui est le suivant « Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, les types de 80 kilos les écoutent ».  Quelle preuve de courage n’est-il pas ?

Une belle preuve de savoir-vivre également. C’est quand même effarant d’être confronté à tant de bêtise contenu dans un seul être vivant. Personnellement, ça me rend fou. Et les exemples sont nombreux parmi nos congénères. J’ai même l’impression que plus l’homme est important, plus il se sent de se comporter ainsi, il n’y a qu’à regarder nos politiques, quel que soit le bord. Ce qui renforce ma position apolitico-gaucho-anarchiste. Louise Michel, ma très chère Louise, tu nous manque, la lutte continue. Et là encore tel le plus souple des félidés, je retombe sur mes pattes (et ce malgré l’entorse qui m’enserre la cheville droite). Car en parlant d’anarchisme et de Louise Michel (l’anarchiste de la Commune), j’ai vu Louise-Michel de Délépine et Kervern et je t’en parle tout de suite. Une fois n’est pas coutume, parlons boulangerie industrielle, le pitch donc :

Le film démarre dans une région toute grolandaise j’ai nommé la Picardie, on est direct dans l’ambiance misère sociale et consanguinité. Louise est employée dans une usine de textile qui fabrique des doudous. La nuit suivant l’arrivée des nouvelles blouses pour les ouvrières, le patron profite de l’allégresse suscitée par ce présent et délocalise l’usine, déménageant l’intégralité de ses machines en une nuit, sans même trouver légitime de prévenir ses ouvrières. Elles se retrouvent tout attablées dans la réserve d’un bouge crasseux pour discuter de leur avenir et finissent par décider de mettre leurs indemnités en commun par bâtir un projet pérenne qui leur profiterait à toutes. Plusieurs propositions sont faites, à commencer par l'incontournable pizzeria que tout salarié réaliste rêve d'ouvrir en ce moment. Sur proposition de Louise, elles font appel à un tueur à gage recruté par Louise pour assassiner le patron indigne. Parti à la recherche d’un dénommé Luigi, une vieille connaissance de Louise, dans une vie antérieure, celle-ci croise Michel Plinchon, security manager hirsute d’une société de sécurité dont le siège se trouve dans un village de mobil home, qui vient de perdre son flingue dans la rue. Celui-ci se révèle être totalement incompétent et lâche. Louise, l’ouvrière analphabète, va devoir assister Michel, le faux tueur, pour qu’il mette son contrat à exécution.
De la Picardie à Jersey, en passant par Bruxelles, le duo grolandais Kervern/Délépine nous propose une fois encore un road movie surréaliste, mâtiné d’anarchisme aigre doux. Comment la rencontre de ses 2 asociaux à la recherche d’un patron que la nébuleuse capitalistique de l’entreprise moderne rend toujours plus insaisissable. Les 2 interprètes principaux sont 2 belges bien frappés : Yolande Moreau et Bouli Lanners, soutenu par pléthore de seconds couteaux et autres guests tous plus bargeots les uns que les autres : Benoit Poelvoorde en ingénieur adepte de la théorie du complot mais à un niveau confèrent à la folie simple, Francis Kuntz dans le rôle qu’il tient le mieux à savoir un sous-directeur pourri et vicieux délicieusement malsain, Miss Ming, la petite protégée des 2 trublions réalisateurs, en tueuse à gage sur le tard, cancéreuse en phase terminale, Matthieu Kassovitz en fermier écolo navrant qui fait venir des mangues bio par avion, mais aussi Siné, le président Salengro, Joseph Dahan (l’ancien bassiste de la Mano Negra siouplé). ..

Le film a reçu le prix du meilleur scénario au festival de San Sebastian et c’est on ne peut plus mérité. Même si ce film s’inscrit dans une réalisation (rythme, photographie) bien plus traditionnelle que leur 1er ovni Aaltra, chroniqué dans ces pages il y a quelques mois, l’histoire une fois encore est un véritable conte social halluciné, comme savent si bien le faire nos 2 réalisateurs grolandais préférés. Une splendide ode politique aux petites gens. Et j'ai oublié de vous parler de la BO qui est plutôt cool dans l'ensemble avec notamment quelques perles de Daniel Johnston, un des pontes de la musique Lo-Fi (si tu sais pas Wikipédia est ton ami).
Pas grand-chose à dire sinon que j’ai vraiment adoré. Du vrai beau cinéma français de qualité, subversif en diable, qui n’a pas peur de s’assumer. Ça change des bouses mollassonnes d’Olivier Baroux, Danny Boon et consort … Le plus surprenant étant que ce film, pourtant tourné avant la sacro sainte crise économique mondiale n'a jamais été autant d'actualité. Avec l'humour trash qu'on leur connait, Kervern et Délépine fustige le capitalisme obscène que nous subissont et nous prédit à demi mot, que si rien ne change, la révolution est à portée de main.

Le film se termine sur un hommage assumé à la vraie Louise Michel : « Maintenant que nous savons que les riches sont des larrons, si notre père, notre mère n’en peuvent purger la terre, nous quand nous aurons grandi, nous en ferons du hachis ». Je vous laisse méditer là-dessus.

mardi 4 septembre 2012

Carrie – Brian de Palma

Un mois déjà. Comme le temps passe. Et j’ai même pas l’excuse des vacances, j’en ai encore pas pris. La mécanique est un peu rouillée mais je tente de m’y recoller, je vais tenter de faire de mon mieux c’est promis. En même temps Paris au mois d’aout, ça encourage à pas foutre trop grand-chose. Il fait beau, toutes les filles sont jolies, il n’y a plus grand monde dans les transports, plein de trucs à faire, des coups à boire … ce qui fait que j’ai laissé filer le bazar sans même m’en rendre compte. Au départ, mon intention était de vous faire une chronique de « Les Arcanes du Chaos » de Maxime Chattam, qui se passe notamment à Paris en plein mois d’aout, mais je ne voyais pas trop comment aborder le bazar sans vous en dire trop. Donc je vous en encourage très vivement la lecture mais je vous en dirais pas grand-chose si ce n’est que ce monde n’est gouverné que par l’argent et que tout ne semble être que manipulation et coup de salope de la part des dirigeants d’une certaine élite. Déjà là j’en dis limite de trop. Simplement lis le, ça colle gentiment la clim. Après je suis pas super objectif, j’aime beaucoup Chattam.

Du coup voilà,  je me retrouve bien dépourvu, alors que la bise est encore même pas venue (c’est toujours une histoire de vent). Mon souci est là, de quoi vais-je bien pouvoir te parler ? Me voilà bien coi … et je te vois d’ors et déjà venir avec tes gros sabot (d’autant que le bois, même sur de la moquette, c’est assez bruyant),  j’ai bien écrit « coi » et non « coït », ce qui n’aurait dans le contexte aucun sens, et même si ça ne fait de mal à personne. Le coït j’entend hein, enfin le fait de rester coi n’engage pas non plus à grand-chose et on le vit très bien je te rassure, une fois passée cette impression désagréable, un peu comme dans un slip trop petit, le paquet engoncé, la taille serrée, après c’est du tissu élastique, donc ça se détend un peu et on trouve ses marques. Donc on peut dire que ni le coït, ni le fait de rester coi ne font grand mal. Rectification, j’ai vu dans des films et pas plus tard que le weekend dernier ou on était en concert avec mes zozos de Welcome Noise (donc on avait loué un joli van de tournée avec télé et tout le tintouin à notre ami Julien Road to Yell) que le coït pouvait être assez douloureux, surtout quand ton partenaire s’appelle Preston … comprenne qui doit !!!

Bon tout ça pour dire que je me retrouvais bien comme un con à pas savoir sur quoi faire cette chronique. Ensuite, j’me suis dit que j’pouvais aussi chroniquer un flim, que c’était bien aussi un flim, et que j’avais justement vu « Donnie Darko » qui m’avait beaucoup plu … bon que j’ai pas tout compris du premier coup et que je suis même pas encore sur d’avoir saisi ou Richard Kelly voulait en venir. Le genre de flim où tu peux trouver 25 lectures différentes et où chacun à un peu sa propre interprétation de l’histoire. Mais je me suis confronté au même problème, comment en faire une chronique qui envoie du bois en tentant de rester un minimum neutre et sans en dire trop, sans balancer la solution de l’énigme. Du coup, en plus d’en rester coi, je commence à me sentir un peu con, aurais-je perdu le modjo (et pas le Mojito, sachant que si tu me connais, je bois que du White Russian, oui, oui, Russian pas Spirit, ça fait trop mal aux sinus) ? Aurais-je été frappé d’une quelconque malédiction d’un marabout de Château Rouge ? Ne suis-je qu’un sale gros ramier qui devant l’obstacle recule pour mieux s’assoir et attendre que le temps et l’érosion face son oeuvre face au mur de mon activité blogal ? Je sais que ma paresse maladive semble être l’excuse la plus plausible mais bordel de merde, elle n’est tout de même pas source de tous mes problèmes ?

 Et puis en fait non, l’ami Gribouille et sa fort charmante petite amie Chachate m’ont prêté un flim que je souhaitais voir depuis un peu : Carrie de Brian de Palma (traduit en français par « Carrie au bal du diable », normal quoi). Il faudra que je vous parle de Chachate un de ses jours et pas seulement parce qu’elle m’a récemment reproché de ne pas le faire, ce qui est faux en plus. Non contente d’avoir un sens très aigu de l’esthétisme en ce qui concerne le cinéma (tous les flims qu’elle m’a conseillé, j’ai kiffé), c’est une femme de goût en tout point. Mais, elle souffre malheureusement du même mal que son concubin, le couple Gribouille et Chachate est parfaitement incapable de respecter un horaire. Ce qui en substance et à l’instant T n’est pas forcément le propos mais qu’il fallait tout de même soulever. Ca n’en est pas moins le couple idéal et des gens que j’aime profondément. Pourquoi je te parle de Gribouille et Chachate, mais simplement pour meubler mon pote soit patient un peu, la chronique arrive.

En premier lieu, le pitch donc : Carrie White est une jeune fille de 17 ans, solitaire et tout sauf populaire. Souffre-douleur de ses camarades, tyrannisée par une mère dévote à l’extrême (ça confère même à la connerie profonde à ce niveau-là), en gros elle a quand même un peu une vie de merde. Le flim démarre sur une scène de douche féminine collective, ce qui a immédiatement su motiver mon intérêt vous vous en doutez. La loose personnifiée remarque qu’elle saigne de l’entre jambe et panique. Ses petites catins de camarades ne trouvent rien de mieux à faire que de la vilipender prestement, tout en lui jetant des serviettes hygiéniques au visage (propre les serviettes, t’inquiète, pas souillées de sang périodique et autres miasmes). Finalement, Miss Collins, la prof de sport vient la consoler puis la renvoie chez elle pour la journée. Exaspérée de s'entendre appeler "Cassie" par le directeur, Carrie montre, le jour même, dans le bureau de ce dernier un avant-goût de ses pouvoirs télékinétiques, en renversant brutalement son cendrier. Une fois rentrée chez elle, elle détaille le topo à sa mère qui la traite de pute à matelot, que si elle a sa puberté c’est à cause de ses péchés et l’enferme dans un placard sombre. La vie reprend son cours au lycée, et pendant que ses petites camarades se trémoussent en mini short, punies qu’elles sont par la prof de sport : 55 minutes de retenue en sport tous les jours, les réfractaires s'exposant à 3 jours d'exclusion et à l'interdiction de venir au bal de promotion de fin d'année, qui approche à grands pas, Carrie s’intéresse et se documente à la bibliothèque de l’école sur son étrange pouvoir. À la demande de son amie Susan, honteuse de son comportement envers Carrie (c'est en effet elle qui a eu l'idée du bombardement de tampons), Tommy Ross accepte d'inviter Carrie au bal de fin d'année. Celle-ci est étonnée, pense qu'on se moque une nouvelle fois d'elle mais accepte finalement devant l'insistance de Tommy. Une nouvelle violente dispute contre sa mère contraint Carrie à user de ses dons. Terrifiée, Margaret ne parvient plus à retenir sa fille. Le bal peut commencer...

Blam déjà ça met dans l’ambiance. Tourné en 1976, Carrie est donc une adaptation d’un roman de Stephen King par Brian de Palma (la première adaptation d’un livre de maître King au cinoche d’ailleurs). Une réalisation d’aucun dirait tout hitchockienne avec des temps à fort suspense, soutenus par une petite musique que vous reconnaitrez pet être si vous avez vu Psychose : c’est la même que lorsque Norman Bates s’apprête à tuer Marion Crane dans la cultissime scène de la douche (je ne fais aucune allusion scabreuse, en plus on voit rien). L’école s’appelle la Bates High School. Alors je sais pas si Brian de Palma est un fils de pute, mais ce qui est sur déjà, c’est que c’est un peu un plagieur n’est-ce pas Orson Wells ?

En dehors de ces clins d’œil plutôt classes, que dire du flim en lui-même. Ben c’est une tuerie. Son statut de monument du flim fantastique est tout sauf usurpé, c’est haletant, les personnages ont tous une bonne part d’ombre, c’est jamais blanc ou noir. Le rythme est plutôt lent, De Palma prend le temps de nous bercer dans l’univers de la pauvre Carrie, ses humiliations, la vie avec sa bigote de mère mais aussi la découverte de ses pouvoirs. Et ça n’envoie littéralement la sauce que dans les 20 dernières minutes. Les acteurs sont tous super justes, Sissy Spacek campe une Carrie en clair-obscur, hyper habitée, ultra-sensible, l’actrice est surinvestie, la classe … le rôle de sa vie oserais- je ? Et les seconds rôles ne dépareillent pas (Piper Laurie, John Travolta, Amy Irving, Nancy Allen … que des noms qui ne te disent pas grand-chose mais que des têtes que tu connais). Carrie est une sorte de Cendrillon de l’horreur. On trouve pas mal de parallèles (la recherche du prince charmant, la famille bien chimique, etc…), à la différence près que la fin est moyennement heureuse. Et au-delà du teen movie horrifique, Carrie est aussi un film militant : critique de nos sociétés, basées sur l’apparence (dans l’histoire, Carrie est un boudin … mais souvenez-vous quand même de ce qu’est un boudin dans le cinéma américain). Cherry on the cake de la réalisation, le split screen final ou on a d’un côté ce qui se passe effectivement et de l’autre ce que perçoit Carrie.

Un grand flim d’horreur comme on aime, un conte cynique et désabusé, une tragédie ultra violente, en un mot la grosse classe. Si tu ne l’as jamais vu, c’est grave, alors dépêche-toi !!!