mardi 15 mai 2012

Machete – Robert Rodriguez et Ethan Maniquis


Une fois encore, un long, très long silence de ma part, et, une fois n’est pas coutume, j’ai une bonne excuse : j’étais en vacances !!! Je t’entends déjà médire « attends mec, à d’autres, qui dit "vacances", dit "t’as du temps pour écrire", donc désolé Mister Mollard, mais elle tient pas ton excuse », ce à quoi je te répondrais que je t’emmerde mon p’tit pote, que ici je suis chez moi et que, de fait, je gère bien comme je le souhaite. Et puis de surcroît, depuis le temps que je te le répète, je pensais que tu avais compris que j’étais un peu un ramier. Fermons ici la parenthèse, je te sens un peu sur les nerfs, et on risque de finir par s’engueuler. Bon sinon, puisque tu abordes le sujet justement, j’ai passé d’excellentes vacances, en Bretagne et sous le soleil alors que vous tous, bande de travailleurs acharnés, vous trimiez sous la pluie, la vie est injuste, je te le concède, mais elle est ainsi faite. Le soleil, parlons en justement. Jusque là, j’étais comme tout le monde, je me plaignais moi aussi, qu’on était déjà fin avril et que j’avais le fondement à ras bord. Il était arrivé à saturation de ce temps de merde, de la pluie et du froid. Enfin les beaux jours, les vêtements féminins qui raccourcissent autant que les degrés grimpent, les apéros en terrasse ou tu te dois de rester aux aguets, prompt à te sortir du guet-apens s’il arrive, au risque d’un lendemain difficile et d’une note en fin de mois équivalente l’actuelle dette grecque, le soleil chatoyant qui nous permet de nous repaître enfin de bonnes vitamines D, et d’avoir le teint hâlé, tel un chanteur hidalgo (sans trop forcer sur le côté orange quand même). La période estivale qui, n’est ce pas messieurs, est une véritable épreuve pour notre acuité visuelle.

Dans le genre qui fait mal aux yeux aussi, en ce joli mois de mai, j’ai consulté mes stats de blog, et dans les mots-clés tapés dans le mois écoulé, par des internautes, et qui les a menés tout droit chez moi, je vous fais que le podium des plus louches, les autres sont moins intéressants :

-          En 3e position : « bita kola » : dénonce toi petit malotru (ça signifie sale petit bâtard en langage soutenu) qui souhaite voir mon membre anonymement sur la toile (si tu es une fille, joins photo et numéro de téléphone). De plus, sachant que je n’en tire aucune fierté particulière, je n’ai pas spécialement tendance à l’exhiber, surtout pas sur Internet.

-          En 2e position : « bouffeuses de merde » : ça me laisse sans voix … en plus c’est même pas un fantasme. Pire je trouve même pas ça drôle, ça aurait plutôt tendance à me faire vomir, au mieux, dans ma bouche (1200 euros dans un Mac Book tout neuf pour le couvrir de vomi, merci bien). Là je suis pantois et contrairement à la première requête, j’encourage chaleureusement la ou les personnes qui ont cherché cela à ne pas me contacter (surtout si tu es une fille, car tu as des pratiques que je trouve un peu bizarre)

-          Enfin, le grand champion revient légitimement à « gamines de 12 ans sexy » : alors toi je t’invite instamment à te rendre au commissariat ou hôpital psy le plus proche pour te faire interner dans les plus brefs délais, ça t’éviteras de faire une connerie (NB : cette requête ci m’a un peu choqué, je dois bien l’avouer)

Tout ça pour en venir où, me direz vous. Et ben tout ça pour vous dire que j’ai vu Machete (genre 4 fois en 9 jours), et que j’ai trouvé ça mortel et que du coup, je comptais vous en parler, ce qui tombe plutôt bien, vu que je tiens un blog où dont que je fais des chroniques. L’histoire est la suivante : Once upon a time …

L’histoire commence quand Machete est encore un Federales droit et intègre mais qu’il ne faut quand même pas trop faire chier et avec qui tu as plutôt intérêt à traverser dans les clous et à bien attendre que le bonhomme soit vert avant d’y aller sous peine de sodomie option clous rouillés-harissa. Un flic droit dans ses bottes, qui lutte pour la justice, mais limite zélé quoi. Parti pour arrêter Torrez, un des barons du crime au Mexique, il tombe dans un sale guet-apens, sa femme perd la tête devant lui … au sens propre du terme car coupée par le sabre de Torrez et on sait pas trop ce qui arrive à sa fille mais ça doit pas être joli joli. Les méchants fouttent le feu à la baraque où ils abandonnent Machete, le laissant pour mort. Petite ellipse, et on retrouve notre bon Machete (il est surnommé ainsi à cause de son goût immodéré pour les armes blanches, plus particulièrement les machettes) devenu immigrant clandestin au Texas, où il propose ses services d’homme à tout faire aux riches gringos. Par un coup du sort, il devient un tueur engagé pour assassiner John McLaughlin qui se représente aux élections sénatoriales du Texas. Cependant, il se fait tendre un piège par ses propres employeurs. Blessé par balle, il revient bien décidé à se venger de Torrez, car c’est quand même cette salope qui est à l'origine de toutes ses déconvenues. Machete, le « dangereux mexicain » entre en guerre dans une bataille sanglante contre de dangereux « rednecks » armés jusqu'aux dents, ainsi qu'un important trafiquant de drogue. Ils comprendront tous à leur dépend qu'ils n'ont pas fait chier le bon mexicain.

Ce qui est drôle avec ce film, c’est qu’à l’origine, Machete était une fausse bande-annonce projetée en même temps que le diptyque Grindhouse, hommage aux films d'exploitation que sont les segments Planète Terreur et Boulevard de la mort, réalisés par Robert et son copain Quentin Tarantino. Plein de monde a poussé au cul, et Rodriguez s’y est attelé. Grand bien lui en a pris. Parce que Machete, c’est de la bombe. Un petit bijou badass, qui rend, lui aussi, hommage à la grande époque du cinéma d’exploitation, et pour une fois, le super héros tueur de fils de mort n’est ni chinois, ni américain mais un bon gros chicanos, interprété magnifiquement par Danny Trejo. Et Machete est un condensé de toutes les petites recettes des séries B 70's : violence exacerbée à la limite du granguignolesque, un peu d'érotisme léger mais quand même polisson, des personnalités plus que des personnages, des méchants vraiment méchants et des gentils immortels ... Les 70's était les grandes années de la Blaxploitation, Rodriguez lance pour les années 2010 la Mexploitation avec ce héros haut en couleur.

En parlant de distribution (pas de pains dans la gueule, ça Danny a besoin de personne), celle de Machete est juste ahurissante : Michelle Rodríguez, Jessica Alba, Robert De Niro, Jeff Fahey, Lindsay Lohan, Cheech Marin, Steven Seagal, Daryl Sabara, Don Johnson, Tom Savini … du très très lourd !!! A cela, on ajoute quelques 2e et 3e rôles bien  sentis : les nièces de Robert en infirmières ultra sexy, Alicia Rachel Marek en mère de Lindsay Lohan et épouse de Jeff Fahey bête à manger du foin, mais physiquement intelligente … Vous noterez que, toujours d’après moi, un 3e rôle bien senti c’est une bonasse qui montre ses cuisses, ce Pepsi Kola, quel cuistre (et poète en plus) !!! Rien a dire non plus sur la bande originale (Tito and Tarantula, Chingon, …). De tous ces points de vue ce film est un réussite. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, la réalisation est nickel, le scénario efficace, les acteurs jouent à merveille. Un petit bout de bonheur en cette période de crise. Rodriguez et Maniquis nous fendent de quelques petits gags crasseux ou comment une femme nue cache t’elle son GSM, ou « t’as vu, j’descends à la corde à nœud avec tes intestins ». Plein de finesse et de poésie. Machete nique tout ce qui bouge sexuellement (et il a de quoi faire l’animal) comme mortellement parlant. Et que dire de la scène « Spartacus livre l’ultime bataille » à base de lowriders à suspensions hydrauliques et Harley’s à sulfateuse, pour aller bouffer du "bas du front" raciste et républicain (à croire que c’est un synonyme).

Une fois encore, comme vous le constatez, je suis extrêmement objectif et vous dresse avec brio une analyse sans parti pris. Bon c’est pas vrai, j’en fais des caisses, j’en rajoute, je m’égare dans des pérégrination sans fondement juste pour vous dire que j’ai trouvé ça bien, et en plus c'est pas spécialement bien écrit. Donc voilà, j’ai trouvé ça bien et même plus. Rodriguez nous promet une et peut être même 2 suites, ben perso j’ai drôlement hâte. Merci à tonton Mitch de m’avoir montré ce petit chef d’œuvre badass, vicieux, violent et crasseux. Si vous aimez le genre, foncez les yeux fermés mais pensez à les rouvrir quand le film démarre, sinon vous manquerez des trucs. Si vous n’aimez pas, tant pis pour vous. Perso, comme on dit sur Facebook, « J’aime » (je kiffe grave même).

mercredi 25 avril 2012

L’Âme du Mal – Maxime Chattam


Je vous le concède bien volontiers, en ce moment, j’en branle vraiment pas une. Je suis loin de mon objectif de 1 billet par semaine. C’est l’époque qui veut ça ma bonne dame. L’an dernier déjà, si tu regardes bien, j’avais un peu rien branlé en avril et en mai. Bon cette année, je vous ai aussi enflé mars, vous m’en voyez désolé mais je fais qu’est ce que je peux avec qu’est ce que j’ai, désolé. J’aurais pu arguer que c’était pour laisser le temps aux nouveaux de lire tout depuis le début mais même pas. Il y a quelques mois, je vous avais prouver par A + B, et pourtant je suis une vraie chèvre en mathématique, que j’étais pas mal partisan du moindre effort, doublé d’une couleuvre patentée. Donc je ne me perdrais pas en pérégrination inutile pour vous expliquer quelque chose que vous savez déjà : je suis un peu fainéant. Par-dessus tout ça, en ce moment ça bouge chez Welcome Noise. On a fait notre premier concert avec Greg à la gratte , Nota Bene, et même si je veux pas balance, il paraîtrait que Greg de Welcome Noise (un noble très certainement), et Ginger Balls (vous savez le chroniqueur qui, comme Tonton Mitch, devait me filer un coup de patte pour faire vivre ce blog de temps en temps mais qui est, comme Tonton Mitch, un bon ramier également) ne serait qu’une seule et même personne, mais pas genre un guerrier Super Saïen qui serait le résultat de la mutation de 2 combattants en un seul, non, non, vraiment juste le même mec. Premier concert de Greg et donc du taf, et dans le même temps, comme on est un peu des foufous, on a commencé à tourner un clip avec les excellentes et fort charmantes (toutes sans exception) Simones, l’équipe de Roller Derby d’Orléans, qui sera prêt quand il sera prêt, je vais encore pas devoir perdre du temps à expliquer que mes popains et moi, on est pas des rapides (et sans faire d’allusions scabreuses, les Simones ne s’en sont pas plaint).

 Cette photo n'est que amour, joie et bonheur !!!

Comme vous pouvez le constater, y en avait pour de la monnaie ce jour là. Que de la mauvaise graine, qui ne pense qu’à se vautrer dans le stupre et la luxure, noyé sous des litres de bières. S’il avait été avec nous ce week-end là, Maxime Chattam en aurait sûrement fait un livre, le problème étant que l’Âme du Mal comme titre, c’était déjà pris. Aussi surprenant que l’élimination de Barcelone en Ligue des Champions (classe la référence non ? C’est au moins d’actualité. J’aurais pu prendre le score faramineux de Marine Le Pen à jouir aux Elections, mais vu le nombre de connards que je peux croiser tous les jours, ça, malheureusement, ça m’a pas trop surpris), j’arrive ou je veux en venir en commençant à vous parler de complètement autre chose. Une dépêche AFP vient de tomber : « Ce n’est plus à prouver, Pepsi Kola est quand même pas mal balaise ».

Tout ça pour dire que j’ai lu l’Âme du Mal de Maxime Chattam et que c’est drôlement bien. Parlons peu, parlons bien, voici la synthèse de l’histoire de cette œuvre de fiction en une phrase ou un petit paragraphe, mais également marque de pâtisserie fabriquée par Brioche Pasquier, ce qui ne veut rien dire dans le contexte … le pitch donc :

L'histoire démarre dans les 80’s, ce qui aurait sûrement plu à Calvin Harris, et commence par la disparition d’un enfant, dans un centre commercial, au rayon jouets, où sa mère l’avait laissé histoire de faire le reste des courses tranquillou. Elle est quand même un peu cruche, quand tu es là dès le début d’un livre policier, tu fais un peu gaffe quand même merde, tu te doutes que ça va puer la merde pas tard. D’un coup d’un seul, on se retrouve direct au début des années 2000 dans la ville de Portland, au début de l'automne, saison pourrie s’il en est, particulièrement dans le Pacific North West. Joshua Brolin, inspecteur de police trentenaire un poil beau gosse, se lance à la poursuite d'un tueur en série, en ayant recours au profilage criminel. Dès le début, il sauve de Juliette Lafayette, jeune étudiante en psychologie prisonnière de Leland Beaumont aka le Boucher de Portland. Il est abattu d'une balle dans la tête par ce bon Joshua. Une année plus tard, une femme dont le corps est atrocement mutilé est découverte dans un squat situé dans un jardin public de Portland. L'autopsie de la malheureuse révèle que le meurtre a été effectué selon le même rituel qu'opérait Leland Beaumont, faisant resurgir son ombre. Joshua Brolin prend alors l'enquête en main (à défaut d’autre chose), pendant que la ville se fait l'écho du retour du fantôme de Leland. Puis une étrange lettre est adressée à la police... avant qu'un second meurtre tout aussi cruel ne soit commis. Protégeant Juliette terrorisée (et entre nous soit dit, il va pas prendre son taf à la légère si vous voyez ce que je veux dire) par cette nouvelle vague de meurtres, Joshua Brolin s'engage dans une véritable course contre la montre.

Une fois encore, vous l’aurez compris, si je vous en parle c’est que c’était bien. Mais vraiment bien, quoi, j’ai un peu ressenti le même sentiment qu’en lisant mon premier Connelly qui était « Putain de bordel de merde, y a de sacré tordus chez les auteurs de romans policier, mais ils savent écrire ces enculés » (vous excuserez mon langage trivial mais le bonheur me rend un peu vulgaire parfois). Y a un rythme bien soutenu et pas trop régulier pour que ça ne devienne pas chiant et téléphoné, c’est haletant grâce à une alternance du chaud et du froid (et des fois un peu de tiède), l’auteur met bien en avant qu’il s’est documenté comme un cochon sur tout ce qui est profilage criminel et police scientifique, pour servir au mieux son bouquin et ce qui lui donne une véritable légitimité. Les héros sont tous assez attachant, les tueurs monstrueux, l’ordre des choses est respecté. Joshua Brolin est vraiment un personnage qu’on a envie de retrouver rapidement. Maxime Chattam a un style hyper nord américain dans son écriture (courts chapitres, tension permanente, rebondissements, scènes d’horreur, héros émouvants qui conservent une part de mystère, structure cinématographique…), un peu comme Dantec (il a vécu et vit peut être même toujours aux States je crois bien).

L’Âme du Mal est le premier tome de la trilogie de Chattam. J’ai lu le second tome, In Tenebris, qui met comme le premier furieusement la clim, et je devrais donc m’attaquer à Maléfices, le 3e et dernier volet, chaque tome représentant une saison (L'automne pour L'Âme du mal, l'hiver pour In Tenebris et enfin le printemps avec Maléfices comme dans la vie du héros de la série, Joshua Brolin.). Un auteur qui ne peut pas laisser de glace et qui risque de vous faire faire des cauchemars. Un bouquin bien écrit, qui se dévore plus qu’il ne se lit et pour une fois qu’un frenchy fait aussi bien que les ricains, sur le propre terrain, on va pas se gêner !!! Recommandé par le Pepsi Mollard Reader Digest …


jeudi 5 avril 2012

Funny Games / Funny Games U.S. – Michael Haneke

Je vous le concède je vous néglige un peu en ce moment mes petits frelots. C’est pas par manque de temps, enfin un peu quand même mais pas que. Petite baisse de motivation mais on se reprend et on s’y recolle … enfin moi surtout, car votre activité à vous, la lecture de ce blog, n’est possible que si j’exerce la mienne, à savoir l’écriture d’article pour ce blog. Y avais un moment que je voulais m’essayer à l’exercice de la chronique comparative, comme un journaliste de Auto Moto. Bon pour ce qui est des véhicules à moteur de 2 ou 4 roues, n’étant pas expert et pas non plus super passionné par cela, je savais pas trop comment faire. M’est venue ensuite l’idée de faire une étude comparative des Pump Omnilite et des Pump Tennis tige haute. La sneakers est un sujet, comme vous le savez, qui fait naître en moi les plus grandes passions, les sentiments les plus fous … Je sais de toutes les façons que l’essentiel de mon lectorat me connaît dans la vraie vie, et je crois que ce n’est un secret pour personne, je kiffe les baskets (on me signale que mon banquier précise « même un peu trop M. Kola ») !!!

Après dans un blogzine culturel, est ce qu’une chronique basket à vraiment sa place, j’en doute. Après je vais commencer à jouer sur les 2 tableaux, et je ne crois pas être capable d’assumer la double casquette « je chronique des choses culturelles mais pas trop avec un tant soi peu d’humour en tout cas j’essaie » et « je suis trop influent dans le domaine du blogging mode, docteur es gloss et connais par cœur l’implantation de près de 95% des H&M du territoire et mon blog est trop girly (déjà qu’il est rose) ». Donc le clash Pump vs. Pump, j’ai laissé tomber, j’me doutais que ça intéresserait pas grand monde. Surtout que comme chacun sait, ces 2 modèles n’ont strictement rien à voir, la tige de la Pump Omnilite étant nettement plus haute … et grâce à ça elle obtient ma préférence, car cheville mieux tenue et, je ne sais pas pourquoi, une sensation de largeur drôlement appréciable. Mais je suis quand même aux œufs dans les Pump Tennis. Qu’on se le dise, Pepsi Kola aime bien aussi quand c’est serré !!! Je laisse l’interprétation de cette dernière phrase à votre endroit, « comprenne qui doit … ou qui peut » (copyright les VRP). Une fois encore, j’évite adroitement de me vautrer dans la galéjade triviale et scabreuse, tout en étant quand même bien vulgaire … la finesse du sumotori au cheval d’arçon !!!

Donc j’aime que ce soit large mais ne rechigne pas non plus quand c’est un peu serré. Ben vous me croirez ou non, c’est un peu ce qui se passe dans Funny Games. Des fois c’est large, mais putain des fois c’est chaud. Et coup du sort, j’ai vu en quelques semaines la version originale, autrichienne donc, et la version U.S., toutes les 2 réalisées par Haneke. Attend, attend, j’aime la moustache, les baskets, les beachcruisers (c’est une sorte de vélo trop confort et avec un look à tomber. Ca aussi un jour faudra qu’on en parle, mon mien est décédé mais je réfléchie à un achat futur), le rétro gaming et Haneke : I’m a fucking hipster … merde, triste constat !!! Enfin parlons peu parlons bien, la briochette Pasquier sous vide, individuelle et fourrée à la confiture :

Déjà pour faire court, je vais pas me fatiguer la nénette à vous développer 2 fois le scénario, sachant que c’est le même. C’est parti donc. Un couple, leur fils et leur chien partent passer quelques jours dans leur maison de campagne près d'un lac. En passant devant la maison de leurs voisins, ils s'étonnent de la présence de deux jeunes gens. À peine arrivés dans leur propre logement, l'un de ces deux jeunes vient leur demander un service. La voisine a besoin d’œufs pour faire un gâteau mais n’en a plus. Il se comporte avec une grande politesse, mais son attitude suscite un certain malaise : ayant pris en main le portable de la mère, il le laisse tomber, par une feinte maladresse (quel sacré coquin), dans l'évier rempli d'eau. Il est en suite rejoint par son compère, inquiet du temps que met le premier pour ramener 4 œufs (en fait, il arrête pas de les casser, c’est pour ça que c’est long). Ils sont l’un et l’autre bien éduqués, éloquents, et arborent un sourire radieux et de jolis vêtements blancs (c’est vrai que l’ensemble short court / polo / gant / pull col V full White ça se perd un peu). Ces derniers souhaitent les faire participer à un jeu. Les règles sont simples : "Vous pariez que vous serez toujours vivants demain à 9h00 ? Nous parions que vous serez morts. Partants ?" Les deux intrus vont progressivement adopter un comportement de plus en plus violent (à base de « je te casse la rotule à coup de club de golf) et prendre la famille en otage...

Admettez le, ça fout sévèrement la clim non ? Le film a subit de vives controverses dès la version autrichienne (qui est sorti genre 10 ans avant) à cause de sa violence ultra réaliste. On nage pas dans une piscine olympique d’hémoglobine, aucun membre ne se balade seul, et j’entends par membre bras/jambe/tête (rayer la mention inutile). Une certaine violence pas ordinaire (heureusement en plus) mais véritable, c’est exactement comme cela pourrait se passer dans ce genre de cas. De l’aveux même d’Haneke, ce film était une contestation sinon un avertissement à tous les réalisateurs qui ont un peu tendance à banaliser l’ultra violence et dans les films des quels on coupe des têtes, où le sang gicle dans tous les sens genre John Woo, Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez (que j’adore moi mais bon) ou encore les séries genre Saw, etc. Et l’angle choisit par Michmich est de nous faire réagir à cela en nous proposant le spectacle frontal (comprenez « gros coup de tête dans tes gencives ») d’une famille torturée à mort par 2 jeunes hommes à priori bien sous tout rapport, et le pire de tout sans réel motif. Il refuse l’entrainmentisation (mot qui n’existe pas et que je trouve assez parlant) de la violence et nous place donc en spectateur impuissant et pourtant un peu complice quand même et parfois même pris à parti par les tortionnaires. On voit rien et pourtant on comprend tout. Par exemple, toutes les scènes de meurtre sont filmées hors champs mais on pige bien ce qu’il se passe quand même. Et la pression psychologique qui nous est imposée est bien là et vénère comme il faut. Contrairement à ce que pourrait nous montrer les forts récréatifs Saw, une nuit de torture c’est moyen fun ou jouissif, c’est surtout très long et un peu pénible voir franchement douloureux par moment (ça dans Saw on le comprend bien). Beaucoup de plan fixe assez long, une musique lancinante. Et le plus dur c’est le mobile des 2 bourreaux … ils ne semblent même pas en avoir, éventuellement le plaisir mais on est même pas sur tellement cela semble pas les atteindre.

Voilà pour ce qui est de ma courte analyse et on va dire des points communs au 2 films qui sont très nombreux vous l’aurez compris. Haneke a fait un bête remake, quasi scène par scène, un film identique mais avec d’autres acteurs. Je peux difficilement vous en conseillé l’une ou l’autre. Les 2 sont vraiment bien. Dans les 2 cas, de très bons acteurs (je préfère la Anna US parce que bon Naomi Watts … what else, mais je préfère le Bouboule autrichien qui a pas le côté chien fou limite folasse de la version US qui est un peu agaçant). Après la version autrichienne, comme tout bon film teuton, point de vue photographie, on se croirait un peu dans un épisode de « Un cas pour deux », mais ça passe. Haneke avait justement revisité son film qui était passé un poil inaperçus à son goût, aux Etats-Unis notamment, car bon, question art, les ricains font souvent cruellement manque d’ouverture, et que comme en général, le reste du monde fait tout pareil qu’eux, il faisait là d’une pierre deux coups.

Un petit chef d’œuvre autrichien, une analyse clinique de la violence, dérangeante en diable mais bigrement efficace. Préféré l'un ou l'autre ça me semble chaud. Ca c'est comme pour Ugly Betty et Le Destin de Lisa, c'est la même chose mais pas réalisé avec la même culture, la même sensibilité, on retrouve pas exactement le même truc pourtant y a les mêmes ingrédients dans la même marmite.

En un mot (3 en faite mais l’expression consacrée usitée en pareil moment est ainsi faite) : Va chercher bonheur !!! (Bonheur c’est pas le mot mais plaisir et réflexion serait plus juste … enfin regarde le ou les comme tu veux). 

mercredi 14 mars 2012

Les Racines du Mal – Maurice G. Dantec

Je sais pas pour vous mais moi, ces derniers temps, j’ai une espèce de bouffé de nostalgie latente, un irrépressible besoin de revenir en arrière. Je regrette l’époque de mes 15-20 piges, les nineties comme on dit. Je regrette c’est un peu fort, je pleure pas encore en voyant une pub avec un petit bébé chat qui joue avec une pelote de laine, je ne reste pas seul, prostré et sanglotant au milieu de mon appart’, dans le noir en écoutant les gymnopédies de Satie, mais quand même, je me dis que c’était une époque plutôt cool avec du recul. Aucune pression, l’insouciance pure et dure, la seule angoisse qui pouvait me tordre le ventre c’était de passer un exam, ou de tenter ma chance avec une belette et de me voir congédier prestement, c’était à peu prêt tout. Mes principales préoccupations étaient essentiellement ramener des notes correct afin que mes géniteurs me laissent un temps soit peu peinard, et faire plein de musique. Un parallèle est d’ailleurs intéressant à mettre entre les filles et la musique. A cette époque, elles s’intéressaient a moi de manière inversement proportionnelle que je m’intéressais moi à la musique. Comme vous l’aurez compris, j’avais un succès proche du néant, et aujourd’hui encore, la réciproque est toujours de mise, rassurez vous.

Toute cette époque allant du collège à la fac, une dizaine d’années où tout se passe, où tu vis les changements les plus profonds, où les goûts s’affirment. Au collège, Les heures passées au foyer à se disputer la chaîne stéréo avec les porteurs de Air Max, avec lesquelles on trouvaient toujours un arrangement : « OK tu mets un NTM et un A Tribe Called Quest mais après on a le droit à un Carcass et un Napalm Death » (en plus j’faisais semblant de pas être content, j’aime bien plein de trucs en hiphop). Au lycée, en salle de perm’ ou dans la cours à écrire des scénarii de série Z qu’on rêvait de réaliser tout seul ou à jouer au tarot (putain de merde mais j’étais un geek en faite, du coup entre ça et mon gros ventre, tu m’étonnes que je faisais pas trop rêver la gent féminine). A l’IUT, à glander à la cafet’, pour préparer la soirée de jeudi (effectivement j’eu fait parti du BDE) ou le prochain devoir de droit fiscal. Tout ça finit en apothéose avec 2 ans « d’études » à Edimbourg, où mon seul stress fut de savoir s'il fallait que je passe oui ou non à 1 seul repas par jours pour pouvoir sortir encore plus. Je suis conscient que c’est pas comme ça pour tout le monde, mais perso, pour ce qui est de la 1ere partie de ma vie, c’était plutôt cool. Tout n’était pas rose, mais y avait quand même vachement moins de stress et de contraintes que dans la vie d’adulte. Attention, j’suis pas irresponsable non plus, enfin pas trop, je paye mon loyer, mes factures, je me fais à manger tout seul comme un grand, comme un grand, j’vais avoir 32 ans et je m’assume à peu prêt. Par contre, mon appart’ ressemble à une chambre d’étudiant, 1 m3 de paperasse en retard, une trentaine de paire de sneakers disséminées un peu partout, 15 ans de Fluide Glaciale, Bodyboard Mag et autres zines culturels et musicaux accumulés, ma collec’ de CDs, mes vieilles consoles (Nintendo for ever !!!), le parfait intérieur de l’adulescent comme il est décrit dans les manuels de psychologie. En un mot, c’était drôlement chouette les années 90.

Après se passage nostalgie, les années 90 me permettent de faire le passage de relais à la chronique du jour, car justement une bonne partie de l’action s’y déroule (ça commence en 1992, quand je rentrais en 6ème) : j’ai lu les Racines du Mal de Maurice Dantec et s’était drôlement bien. Ayant brièvement flirté avec le Bloc Identitaire (un groupuscule nazillon français), Dantec est ouvertement catholique et royaliste, réac’ à souhait et pour l’anecdote, en 2007, il soutenait De Villiers. En un mot, l’homme est sensiblement aussi détestable que l’auteur est brillant. En gros quand tu t’intéresses un peu au bonhomme, comme disait Desproges au sujet de Minute, tu as le sentiment de lire tout Sartre, car tu as la nausée et les mains sales (pour être exact il navigue un peu d'un bord à l'autre mais les faits sont là). Mais faisant fi de cela, on découvre une plume brillante, un scénario bluffant, la grosse classe. Louis Ferdinand Céline avait beau être un fieffé facho (je sais on dit antisémite), ça l’a pas empêché d’être un des plus grands génies de la littérature du XXe siècle, même si ça me fait mal au cul de le dire.

La brioche sous vide fourrée à la confiture : l’histoire démarre sur la course folle et meurtrière d’un tueur en série, Andreas Schaltzmann, qui « s'est mis à tuer parce que son estomac pourrissait ». Il est persuadé que le monde entier est contre lui et que tout est orchestré par les AliensChase, un tueur en série nécrophage américain, what else ???). Acculé, il tente de se suicider mais rate son coup et se fait pincer par les condés, pour une fois que la Police Française agit à bon escient. A bon escient mais pas que, car elle se sert de ça aussi pour lui coller sur le dos quelques autres crimes bien gore qu’il n’a très certainement pas commis. Un groupe de trois chercheurs, spécialistes en psychologie, neurosciences, informatique et autres, dont le narrateur Arthur Darquandier, va essayer de comprendre ses mobiles. Tutur, qui est cogniticien dans la vie, se fait aider par sa neuromatrice et découvre rapidement qu’ils sont sur la trâce d’un second tueur, ce qui, allant à l’encontre de la thèse officiel et policière, leur vaut d’être éloigné de l’enquête. Dark continue l’enquête avec son ordiécran surpuissant et intelligent (au sens humain du terme, il pense et agit par lui-même, et éprouve même des sensations et sentiments, est capable de pirater n’importe quel réseau informatique sans laisser de trace, de simuler un profil psychologique) et va traquer les autres tueurs jusqu’à un dénouement plus que surprenant, à l’aube de l’an 2000.

Voilà pour l’histoire. Mon analyse tiens en un mot : CHAOS !!! Dantec prend un malin plaisir à nous décrire tous les crimes avec force de détails sordides, même le flirt qu’il entretient avec Svetlana, la jolie scientifique russe, n’amène aucune douceur, aucun sentiment au roman. Tout se mélange dans un relant post fast food entre pseudo philosophie, psychiatrie rance, neurobiologie, religion … C’est dense, crasseux et méchant … mais bordel de merde c'que c’est bon. Un peu comme les tripes à la mode de Caen, quand tu le vois tu dirais que ça a déjà été mangé et en faite, mon dieu quel délice. Il y a dans ce bouquin une sorte de fascination pour l’atroce. Tout le début s’attache sur la course macabre de Schaltzman, jusqu’à son arrestation et déjà là, c’est bien foufou. Et ben accrochez vous à votre slip car vous n’avez encore rien vu. Une chose est sure : ça déménage, mais à la bombe H quoi. Pour le genre, c’est à la fois policier, SF, roman d’anticipation, parfois même un peu horreur. On dira ce qu’on voudra mais cette fameuse génération X nous aura amener quelques belles plumes quand même. « Les Racines du Mal » est chaos, « Les Racines du Mal » est violence, « Les Racines du Mal » est crimes insoutenables et folies des hommes mais « Les Racines du Mal » est également bonheur. Putain de merde quel pied !!!




jeudi 1 mars 2012

American Psycho - Brett Easton Ellis

Dimanche y a un peu maintenant, j'ai maté (enfin on me l'a imposé, moi je savais comment ça allait se passer de toute façon) la locution de notre très cher président (que vous allez me faire le plaisir de sanctionner comme il vous l'avait demandé en 2007 si le chômage ne descendait pas en dessous de 5%, pour ceux qui vote, perso ça n'a rien a voir avec le fait que je m’en fiche, vous l’aurez compris, mais je ne me retrouve dans aucun des candidats) sur TF1, sorte de bilan des 5 ans passés sur le trône (il a pas passé 5 ans aux toilettes hein, mais c'est juste que je trouve un peu déplacé de critiquer les républiques bannières africaines quand on considère que son fils, cancre notoire, est capable de diriger la première place financière européenne, simplement grâce au fait qu'il s'appelle Sarkozy, cf. le scandale EPAD). On m'a donc imposé le visionnage de ce pamphlet pseudo mea culpesque de ce bon vieux Nico qui, au passage, a retardé de façon conséquente la diffusion du fort récréatif "Braquage à l'italienne" avec Mark Wahlberg mais surtout la bombe Charlize Theron qui a tout de même réussi, et ce n'est pas une mince affaire, à me faire tester la résidence de mon élastique de caleçon, le tout en s'entraînant à ouvrir un coffre fort (en poumpoum short sous-tif … normal quoi). 

Où en étais-je. C'est vraiment insupportable parfois cette façon que j'ai de me couper moi même la parole ou au moins la pensée en laissant errer ma réflexion dans des analyses ubuesques et bien souvent grivoises. Le visionnage du bilan sarkosiesque, donc, qui, comme je l'attendais m'a énervé au plus au point. Et que j'y vais de mes approximations douteuses et de mes analyses économiques hasardeuses, que je vous donne des chiffres pas très justes mais c'est pas grave et surtout que je me serve de mon excuse plus molle et sans saveur que le membre d'un harder en fin de tournage (passer entre les mains expertes d'une professionnelle aguerrie comme peuvent l'être toutes ses starlettes du cinéma pour adultes doit vraiment épuiser, vous en conviendrez messieurs), j'ai nommé : La sacro sainte crise. En gros ça m'a un peu énervé quoi !!! Et que dire de la prestation molle du noeud de Laurent Delahousse et Claire Chazal. Putain mais plus consensuel tu meures. Une fois n'est pas coutume, vous conviendrez que niveau journalisme d'investigation, la télévision c'est quand même pas ce qu'on fait de mieux (en même temps on s’attendait à quoi avec un débat TF1). Y a bien quelques intervenants, journalistes dans divers média français, qui ont essayé de le confronter a ses échecs, mais dans ce cas, le petit Nicolas répond à côté de la plaque, évite le sujet, et se vante de ses quelques faits de gloire (peu nombreux au demeurant) et surtout critique ce qui a été fait avant et ce qui risque de se faire après … ce qui avait l'air de satisfaire tout le monde !!! Un grand moment de télévision. Le monde politique français est entrain de devenir la 2e meilleure blague de tout les temps, juste après les religions (on se dispute âprement le titre avec le monde politique américain). Un peu remonté le Pepsi Kola pour le coup … un peu atterré aussi. En gros, j'étais bien blasé. Au rayon positif de la soirée, j'étais avec ma petite soeur, Sardis et Romy, à savoir, des gens que j'aime profondément, ce qui suffit à passer une bonne soirée. Et en parlant de politique américaine (si si relis bien, je l'ai très rapidement évoqué), cigare dans Monica Legwinski, les 3 comparses m'avaient convié à me délecter de bons petits nems et autre canard laqué préparés avec amour par eux 3, pendant une bonne partie de l'après midi, et c'était divin. Ils ont en quelque sorte sauvé la France ce soir là … bon d’accord, j’y vais peut être un poil fort mais quand même.

Alors je parle d'Amérique et de blasitude, quelle meilleure introduction pour le livre que je m'en vais vous conter cette semaine : American Psycho !!! Le pitch (qui est tranquilou dans ta potch) :

Patrick Bateman, 27 ans, golden boy de Wall Street pré krach d’octobre 1987, est un jeune homme de bonne famille, beau, riche, intelligent, sensiblement comme tous ses potes. Un jeune loup superficiel et prétentieux, obsédé par les marques et l’apparence. Il ne fréquente que les restos les plus chics et surtout les plus recommandés par leur bible du bon goût, et ou même Jim Phelps (Mission Impossible les gars !!!) aurait eu besoin de toute son équipe pour obtenir une réservation, ne sort que dans les clubs les plus hypes où il ne fait que boire et prendre de la coke, danser c’est vraiment trop ringard, un bon yuppie moyen quoi. Il vit dans un appartement hors de prix, entouré de gadgets dernier cri, de vêtements de marque et de mobilier d’art en matériaux précieux. En gros, ce mec a absolument tout pour lui, mais y a pas, il se fait chier comme un rat mort. Alors, pour tromper l’ennui, Pat Bateman développe une petite activité bien à lui : c’est un tueur psychopathe (passionné de tueurs psychopathes) !!! Il tue, décapite, égorge, éviscère, trucide, viole et torture tout ce qu’il déteste : animaux, SDF (et pauvres en général d’ailleurs), étrangers, homosexuels, ceux qui réussissent mieux que lui et surtout des femmes, envers qui sa haine semble illimitée. Et le bougre est doué. Je vous laisse découvrir mais il a une utilisation bien à lui du rat domestique et du tube en plastique. La seule trace d’humanité qui semble subsisté chez ce monstre est son humour noir. Niveau empathie et don de soi on en est loin quoi. L’horreur avance crescendo jusqu’au dénouement que je ne vous raconterai pas, histoire de pas vous gâcher le plaisir.

Roman écrit par Brett Easton Ellis en 1991, il avait provoqué un véritable scandale à sa sortie. Un des leaders du mouvement Génération X, la génération qui a été la première à déchanter un peu, qui n’a pas pu ou su trouver ses repères, en résulte donc une certaine amertume ou même agressivité, ce qui transpire pas mal dans les œuvres du monsieur. Ses personnages sont en général jeunes et dépravés tout en en étant parfaitement conscients et ils l’assument sans complexe. Comment définir ce bouquin ? Un sorte de roman contre utopique d’anticipation. Pour la petite histoire, ce roman avait été plus ou moins commandé par l’éditeur (avec une belle avance en prime) qui a ensuite refusé de l’éditer, le trouvant trop subversif et violent.

J’avais vu de loin le film en Écosse, au cours d’une soirée ou regarder la télé n’était pas le propos, donc j’en avais un vague souvenir, qui m’avait laisser malgré tout une excellente impression (avec l’excellent Christian Bale dans le rôle titre). Une satyre de nos sociétés modernes, où l’apparence est la seule donnée importante. Pat Bateman est constamment entouré, ne dîne jamais seul, n'a aucune difficulté à ramener des zouzes chez lui, mais cela ne fait que davantage ressortir sa solitude. Il est riche, donne le sentiment d'être quelqu'un d'important, mais en dehors de quelques types assez inutiles, personne, pas même son avocat, ne connaît son nom. C’est écrit sous la forme d’une sorte de journal, et il faut arriver à se mettre dedans. De prime abord, cela ressemble à une énumération de marques, de noms, de compte rendus de soirées à répétition, de conversations ineptes, pour mieux nous cracher à la tronche cette critique acerbe de nos sociétés occidentales modernes. La seule fréquentation humaine de Bateman semble être Jean sa secrétaire qui est amoureuse de lui, comme se plait à le préciser constamment Patoche. Finalement, c’est dans l’horreur que le héros devient intéressant (dont on ne sait pas bien si ce sont de réelles pulsions ou du pur fantasme). Le récit de la course folle d’un homme finalement plutôt malheureuse et perclus d’ennuie. Et c’est grâce à ça que l’auteur nous tient et nous rend son personnage attachant (si tant est qu’il puisse l’être), car on fini par tous retrouver une petite part de Pat Bateman en chacun de nous, bons occidentaux que nous sommes.

Un chef d’œuvre, rien d’autre à ajouter. Ça se dévore à toute berzingue, ça a beau être écœurant, le récit nous entraîne plus vite qu’on y pensait jusqu’au bout, pas de longueur malgré le côté hyper descriptif du bouquin. En bonus, Pat Bateman nous confie par moment ses analyses musicales assez épique, surtout qu’il a des goût assez douteux, enfin des goût 80’s quoi (Huey Lewis, Genesis, etc…). Un brûlot à lire absolument (mais qui risque de pas plaire à tout le monde).