mardi 3 juillet 2012

Gallows / Rise Against – Bataclan – 14 juin 2012


Oui, je vous vois venir là. J’entends déjà les « Putain mais Pespi Kola, quelle sale petite catin !!! Plus d’un mois qu’il nous néglige et il débarque avec ses gros sabots sans même s’excuser ». Alors déjà, je ne porte jamais de sabots, que des baskets, que ce soit bien clair. Tous les trucs de hippies genre, sabots, claquettes en cuir etc. non merci très peu pour moi. Ensuite si tu commences par m’insulter, on va pas être pote !!! Ensuite, oui, petite baisse de motivation, je te le concède bien volontiers. Je sais plus si je t’en avais parlé, mais je suis un fieffé fainéant, ceci expliquant cela, et ça me fait une première bonne excuse pour avoir rien foutu pendant un mois entier. Deuxièmement, le mois de juin correspondant à ma date d’anniversaire, je me suis dit que j’avais bien droit à une courte période de vacances, pour ce que je suis payé en plus, tu va pas m’en chier une pendule, déjà parce que ça doit être extrêmement douloureux, ensuite parce que ça doit pas être facile à manger et enfin car n’étant tenu par aucun contrat, je vois pas pourquoi je devrais satisfaire tes lourdes exigences. Et pour finir, comme je te le disais à l’instant, en juin, je fête mon anniversaire, et une fois n’est pas coutume, j’aime moyen ça, ceci correspondant du coup à une période de bilan, qui s’avère tous les ans plus ou moins le même … et qui n’est jamais bien foufou. 

Je constate sans trop de surprise que je suis toujours le même looser que l’année précédente mais avec un an de plus, et ça me fout toujours le moral un peu à plat. Mais ayé, la date fatidique est passée, elle a été fêtée plus que dignement, un peu malgré moi, mais ça m’a fait plaisir quand même, très plaisir même, d’avoir réuni tous ces popains et popines, de boire plein de White Russian, et de rentrer saoul, de partager ce moment avec des gens que j’aime quoi (j’en aime plein d’autres mais ils habitent pas tous Paris donc ils n’étaient pas là … sachant que les Zigouille Sisters, orléanaises de leur état avaient tout de même fait le déplacement et ça ça m'a fait drôlement plaisir). Voilà, pour toutes ces raisons, retranscrites pêle-mêle, j’ai fait ma couleuvre depuis un mois, mais les temps changent, les mœurs évoluent et moi je m’y recolle, pour je l’espère un peu de bonheur de votre part au moins, moi le mien, il est là, sinon je n’écrirais pas … faut quand même pas que je ré explique, j’suis pas payé tout ça, je n’ai signé aucun contrat, et accessoirement j’emmerde ceux et celles qui y trouveraient quelques choses à dire … oui, je suis un peu vulgaire et alors, agressif aussi. Pourtant, en juin, l’ami Gribouille m’a emmené quasi de force (ce qui est impressionnant quand on connaît son gabarit et le mien) à un bon concert de punk hxc, ça aurait dû me détendre ça non ? Bon, je dois bien l’avoué, il a pas eu à insisté beaucoup, Gallows et Rise Against, au Bataclan, c'est-à-dire à 7 minutes à pied de chez moi, j’aurais été un petit peu con de refuser.

Le Rendez vous est pris à 18h45, chez moi, histoire d’y laisser quelques affaires, un concert au Bataclan après le mois de mars, quand on connaît leur système de climatisation, tout relatif, en général, t’essaie de voyager léger. 19h10, Gribouille débarque chez moi, ce qui est, je dois bien l’admettre, fortement irritant (quoi qu’on fasse, Gribouille est parfaitement incapable de se tenir à un horaire, c’est presque une maladie chez lui). Ouverture des portes à 19h donc début de concert vers 19h30, déjà on est à la bourre de base. On ne tarde pas à tracer, non sans avoir fait le bec à ce bon vieux Jean Louis,  car il est important de ne pas négliger ses vieux amis. On arrive pile pour le début du concert, le temps de choper une binouze (une chacun t’inquiète) auprès de la jolie et gentille serveuse (je précise car c’est pas toujours le cas, elles sont très souvent jolies, moins souvent gentilles et souriantes) et Gallows crache la purée.

Alors Gallows, je les avais déjà vu 2 fois par le passé, mais pas depuis que sieur Frank Carter. La pile électrique roux et tatouée qui officiait au poste de hurleur en chef de la horde londonienne, s’est barré et à laissé sa place à Wade McNeil, un gros ourson canadien, ancien frontman d’Alexisonfire. J’avais hâte de voir la nouvelle formule. Musicalement, pas de révolution, c’est du Gallows : maîtrisé, sale et agressif. Bon j’ai toujours été un poil déçu par le chant en live de Gallows, que je trouvais en dessous des skeuds, mais Carter compensait par une énergie et une rage folle et incontrôlée. Là c’est l’inverse, voix plus maîtrisée mais jeu de scène plus sur le charisme (ça on peut pas le renier), de son chanteur et de son attitude plus NYC HxC. Après la voix, plus gutturale, moins écorchée, m’emmène moins aussi, mais bon Gallows reste Gallows et ça poutre sévèrement. Une bonne leçon de rock’n’roll enragé et brutal de 45 minutes, envoyé avec les tripes, sans trop de chichi. Plutôt classe !!!

Pause clope, le temps de croiser un vieux pote, avec qui je traînais pas mal la première année en Écosse et que je n’avais pas vu depuis, le hasard fait drôlement bien les choses, et putain ça fait bizarre un peu quand même. On reprend des bières à la jolie serveuse qui est toujours aussi gentille et souriante malgré la chaleur et l’odeur aigre de transpiration pubère … qu’on se le dise, le public de punk rock un peu  « mainstream » comme peuvent l’être ses 2 groupes est pas bien vieux. Et quand je dis mainstream, c’est pas un gros mot, ça veut juste dire groupe de punk rock qui vend encore beaucoup de disque. Cela ne retire aucunement la classe et la sincérité de ses musiciens et de leur formation. Ce qui n’est pas toujours le cas, et bon nombre de groupe devrait un peu plus s’en inspirer de cette attitude (spécial dédicace aux coreux parisiens, qui me régalent à chaque concert de leur plus belle coupe de coiffure, cœur sacré mis en évidence par un t-shirt col V un peu ample et leur tout nouveau slim Diesel … putain de poseurs tiens !!!).

Viennent ensuite les messieurs de Rise Against. Eux je les avais encore jamais vu mais ça faisait un moment que je me disais que ce serait bien à l’occaz. Moi j’avais laissé passer cette opportunité là, heureusement que La Bugne avait pensé à moi.

Rise Against envoie donc la sauce. Et ben tout ce qu’on peut dire c’est qu’ils sont pas là pour rigoler … enfin si ça se prend pas la tête MacIlrath et sa bande nous balance le gros modern punk hxc bien catchy avec « le cœur, la tête et les couilles », comme dirait le Victor Hugo sur une jambe de la Seine Saint Denis. On sent bien que les mecs s’amusent, ne trichent pas, et balancent un à un tous les tubes de leur jolie discographie. Et comme je m’y attendais, c’est ultra carré, bien que ça saute partout et que ça court dans tous les sens. Ils nous offriront même 2 rappels (dont un avec MacIlrath tout seul avec sa guitare à bois à nous jouer quelques unes de leurs belles balades) de 10 bonnes minutes chacun. C’est classe … en même temps c’est ricain donc bon, faut il y voir un lien de cause à effet. Un groupe que je voulais voir et je regrette pas d’avoir honoré l’invitation de Gribouille. What a huge gig !!! Ca va vraiment tout droit de bout en bout, avec sincérité et générosité, l’orchestre nous fait vraiment bien sentir qu’ils sont là pour prendre du bon temps avec nous et c’est ce qui se passe. Groupe injustement peu connu chez nous, avec des concerts comme celui-ci, ils risquent d’en rallier plus d’un à leur cause. Je crois que c’est la 1ere fois qu’ils jouaient les têtes d’affiche à Paris et c’est à se demander comment ça ne s’est pas fait plus tôt, parce que ça fait quand même quelques albums qu’ils mettent un peu la clim.

Rentrage à pied chez moi (j’habite à 5 minutes du Bataclan ce qui est fort agréable ma foi dans ce genre de situations), achetage et mangeage d’un petit chinois à emporter pas très bon (ce qui est assez usuel dans ce type d’établissement, déjà on est pas tombé ni malade ni mort, ce qui est une bonne chose en soi). Putain de concerts, belle salle chaude et humide comme d’habitude, une fois n’est pas coutume, serveuses fort agréables (je sais plus si j’en ai parlé de ça). Un bien chouette moment. Cimer La Bugne du fond du cœur !!!

jeudi 31 mai 2012

Grindhouse – avec Planète Terreur de Robert Rodriguez et Boulevard de la Mort de Quentin Tarantino


Summer is comin’, summer is comin’ !!! Putain ce que je peux aimer cette saison, le Printemps. Déjà parce que ça annonce ce qui va suivre (et ce par quoi je commence cette chronique), c'est-à-dire que l’été approche, les 24h barbecues, les après-midis piscine chez les potes, les pique-niques du dimanche dans le parc de la Villette, une période où même quand tu travailles t’as quand même un peu l’impression d’être en vacances. Donc déjà le printemps c’est cool parce que ça annonce ça. Mais le printemps, c’est aussi le kiffe car généralement le temps est plutôt clément et que tu peux faire sensiblement la même chose, juste en rajoutant un sweat-shirt le soir (et encore) Donc voilà, la vie est belle, les filles aussi (mesdemoiselles, vous êtes déjà belles en automne et en hiver, mais alors, dès que les beaux jours débarquent, ça devient dingue, vous nous contraignez mes popains et moi-même à regarder par terre 6 mois de l’année pour éviter de passer pour un cuistre … Vilaines !!!), les nuits sont courtes et les apéros ardus. Une période fort agréable, où je suis moins tenté de m’enfermer chez moi, à m’envoyer du carburant à chronique. Mais quand même, comme je suis un mec plutôt cool, j’ai pris un peu de temps pour toi et me suis offert le coffret Grindhouse (Boulevard de la Mort / Planète Terreur) des sieurs Tarantino et Rodriguez.

D’abord pourquoi Grindhouse. Par définition, une Grindhouse est un petit cinoche de quartier, un drive in, où ne sont joués que des films d’exploitation. Des lieux typiques des Etats-Unis jusque dans les années 80 avec le développement des multiplex et surtout de la vidéo qui a signé l’arrêt de mort de ce type de lieu. Ces petits lieux, qui n’avaient que peu de moyens, proposaient aux chalands 2 films entrecoupés de bandes-annonces, le tout toujours tourné avec des moyens ridicules, en évitant les dépenses des grosses productions et ou l’intérêt était l’exploitation commerciale pure et dure en cherchant à attirer un public un peu voyeur, en excitant sa lubricité, c'est-à-dire, en lui montrant un maximum de gonzesses à moitié nues et de violence gratuite. Les scénarios sont généralement basés sur un max de tabous de nos sociétés modernes : sexe, violence, drogues, nudité, monstres, destruction, etc… Ces films étaient tirés à très peu de copies, qui faisaient le tour des Etats-Unis. Quand tu voyais le film dès sa sortie ça allait, mais quand la copie qu’on te jouait avait déjà fait le tour d’une 20aine d’états, son état à elle, la copie, laissait à désirer. C’est exactement ce que les 2 trublions ont tenté de nous retranscrire avec leur diptyque Grindhouse. Ils tournent chacun un film, des bandes-annonces et pour 10$, tu vois deux putains d’exploitation movies et des bandes-annonces. C’est du moins ce qui c’est passé aux States, chez nous, ça devait pas faire assez de profit et les 2 films sont sortis séparément.

2 films donc : Death Proof (Boulevard de la Mort), un excellent slasher movie routier qui va à 200 à l’heure pour Quentin Tarantino, Planet Terror, un putain de film de zombies pour Robert Rodriguez. Je te le concède, ma chronique du jour ressemble plus à un cours empirique qu’à l’habituel pamphlet plus ou moins drôle (je fais ce que je peux), mais merde, il ne sera pas dit que Pepsi Kola ne fera pas tout ce qui est en son pouvoir pour étancher ta soif de connaissance, ce qui, vous en conviendrez, est drôlement cool de ma part. Tu pourras toi aussi tout comme Pepsi Mollard étaler ton incroyable culture à la plèbe lors de la prochaine soirée mondaine à laquelle tu seras convié. Bon par contre, méfie toi, j’ai fait le test, parler d’exploitation movies, de retro gaming, de punk rock et de sneakers ne te sert que moyennement, tu sera pris soit pour un hipster snob (je viens à l’instant même de vomir dans ma bouche) soit pour un geek sans avenir (sans présent non plus d’ailleurs). Tout ça pour dire que je sais plus où je voulais en venir, que cette dernière phrase est dénuée de sens profond et que je me demande même maintenant pourquoi j’aborde le sujet, comme si je représentais une sorte de modèle ou de guide spirituel pour toi, mon cher lecteur … franchement, j’espère pas, je suis même sur que non, c’est gentil tu me rassures. Tout ça pour dire, j’ai vu Grindhouse, et je t’en parle tout de suite.

Donc comme je viens de te l’expliquer Grindhouse s’articule en 2 parties, qui sont en faite 2 films à part entière. Et on commence tout de suite avec le Tarantino : Death Proof. La brioche sous vide : L’action démarre à Austin, Texas, où trois copines, Arlene, Shanna et « Jungle » Julia, la DJette d'une radio locale, font une virée nocturne dans un bar. Elles ne le savent pas encore mais elles sont étroitement surveillées par Stuntman Mike (Kurt Russell), un ancien cascadeur psychopathe, qui sillonne les routes en tuant les femmes qu'il trouve sur son chemin. Pour cela il a une méthode bien à lui plutôt efficace : il se sert uniquement de sa voiture. Petit aparté dans l’histoire, la rencontre des fille et de Stuntman Mike nous permettra d’assister à une scène de lapdance plus que mythique (et agaçante) offerte par la sublime Vanessa Ferlito (j’suis sur que tu la connais, tu regardes les Experts New York). Quand les filles quittent le bar, Stuntman Mike « s’awache le chatte » lui aussi en acceptant de raccompagner chez elle Pam, une autre fille du bar. Il lui vante les mérites de sa voiture, une Chevrolet Nova qui, selon lui, « protège de la mort », non sans préciser, mais plus tard qu’il faut en être le conducteur pour bénéficier de cet avantage. Je ne vous en dis pas plus pour conserver le suspens. Juste qu’il y a une seconde partie avec de nouvelles victimes et que ça balance pas mal à Paris.

Pour ce qui est du scénar, de la distribution, etc… rien à dire, c’est du très bon Tarantino. C’est également lui qui s’est occupé de la photographie et putain le choc. La classe américaine comme on dit. Le film se divise en 3 parties. La 1e partie restitue l’apparence des vieilles bobines digne des séries Z, à grand renfort de rayures et de grains de poussières, de film qui saute et de faux raccords. Le grain typique des film d’exploitation des 70’s. La partie du « miyeux », Quentin se paye une petite pause en noir et blanc, des plans plus statiques, le calme avant la tempête. La dernière partie est en couleur et on ne parle plus que de gros ciné d’action avec une course poursuite hyper rythmée (typique des road movies australiens de la grande époque pour  ceux que ça intéressent), entièrement réalisée sans trucage. Les époques se mélangent un peu entre les éléments typiques des films de série Z, bien ancrés dans leur époque, et de l’action qui est elle contemporaine, le film est bourré de référence à ce cinéma de genre si cher au réalisateur. Quant à la BO, là encore c’est du Tarantino. Méfiance donc, on pourrait s’attendre à un truc moyen mais ne vous y trompez pas, c’est bien un vrai film de Tarantino, et pas une simple récréation. Accroche toi à ton slip, ça risque de remuer.

Bon là, vu que tu es pas toujours super attentif, tu crois que la chronique est finie et bien j’ai le regret de te dire que non parce qu’après t’être tapé quelques excellentes fausses bandes-annonces (notamment celle de Machete), tu enchaînes direct avec le second maillon du diptyque : Planet Terror, réalisé par Robert Rodriguez.

Là encore le pitch (oui oui celui qui va dans ta potche … 2 fois la même blague dans une même chronique … je suis lamentable) : Dans une petite ville rurale du Texas (oui oui encore), un groupe de militaires arrive dans une base, dirigée par le lieutenant Muldoon, pour y acheter une grande quantité d'un agent biochimique mortel connue sous le nom de DC2 (nom de code «Terror Project»).  Lorsque Muldoon apprend que Abby a un approvisionnement supplémentaire en main, il tente de prendre en otage Abby, celui-ci libère volontairement le gaz dans l'air. Pendant ce temps, William et Dakota Block, un couple de médecins, constatent que leurs patients sont soudain frappés par la gangrène et affectés par un regard vide et inquiétant… De son côté, Cherry, go-go danseuse, s'est fait arracher la jambe lors d'une attaque par un groupe de cannibales. Wray, son ex-petit copain, veille sur elle. Mais Cherry a beau être au plus mal, elle n'a pas dit son dernier mot. Tandis que les malades se multiplient et deviennent des zombies assoiffés de sang, Cherry et Wray prennent la tête d'une armée destinée à empêcher l'épidémie de se propager. Si des millions d'individus sont contaminés et que beaucoup succombent, une poignée d'entre eux se battront jusqu'au bout pour se réfugier dans un lieu sûr…

Blam prends ça dans tes gencives. Pareil que pour le précédent rien à redire.  L’idée est peut être moins originale que celle de Tarantino mais reste bougrement efficace. La distribution est là aussi excellente (Josh Brolin, Jeff Fahey, Rose Mac Gowan, Freddy Rodriguez, Marley Shelton…) et on y retrouve plusieurs acteurs (actrices surtout en faites) commun aux 2 films d’ailleurs. L’esthétisme est là encore poussée au maximum même si la photographie de Planète Terreur est plus conventionnelle et moins travaillé que dans Boulevard de la Mort.

En bref, 2 putains d’excellents films à voir et à revoir (ça fait 15 jours que je les ai et je ne m’en lasse pas). THEY ARE FUCKING BADASS !!! Il y a toutes les grosses références qui me rendent fou : du sang, des larmes, des jolies filles pas très très pudiques, de l’ultra violence, un tueur psychopathe, des zombies, des jolies filles à la pelle … à la pelleteuse même (j'en ai déjà parlé de ça ??), des putains de hotrods comme seuls les ricains savent le faire, des jolies filles qui dansent bien (j'avais encore pas précisé qu'elles dansaient), du bonheur en barre je vous dis. Je ne peux vous conseiller que de vous jeter dessus au plus vite. C’est quand vous voulez qu’on s’organise une soirée grindhouse/drive in. Pensez au crackers, j’amène le tarama.

mardi 15 mai 2012

Machete – Robert Rodriguez et Ethan Maniquis


Une fois encore, un long, très long silence de ma part, et, une fois n’est pas coutume, j’ai une bonne excuse : j’étais en vacances !!! Je t’entends déjà médire « attends mec, à d’autres, qui dit "vacances", dit "t’as du temps pour écrire", donc désolé Mister Mollard, mais elle tient pas ton excuse », ce à quoi je te répondrais que je t’emmerde mon p’tit pote, que ici je suis chez moi et que, de fait, je gère bien comme je le souhaite. Et puis de surcroît, depuis le temps que je te le répète, je pensais que tu avais compris que j’étais un peu un ramier. Fermons ici la parenthèse, je te sens un peu sur les nerfs, et on risque de finir par s’engueuler. Bon sinon, puisque tu abordes le sujet justement, j’ai passé d’excellentes vacances, en Bretagne et sous le soleil alors que vous tous, bande de travailleurs acharnés, vous trimiez sous la pluie, la vie est injuste, je te le concède, mais elle est ainsi faite. Le soleil, parlons en justement. Jusque là, j’étais comme tout le monde, je me plaignais moi aussi, qu’on était déjà fin avril et que j’avais le fondement à ras bord. Il était arrivé à saturation de ce temps de merde, de la pluie et du froid. Enfin les beaux jours, les vêtements féminins qui raccourcissent autant que les degrés grimpent, les apéros en terrasse ou tu te dois de rester aux aguets, prompt à te sortir du guet-apens s’il arrive, au risque d’un lendemain difficile et d’une note en fin de mois équivalente l’actuelle dette grecque, le soleil chatoyant qui nous permet de nous repaître enfin de bonnes vitamines D, et d’avoir le teint hâlé, tel un chanteur hidalgo (sans trop forcer sur le côté orange quand même). La période estivale qui, n’est ce pas messieurs, est une véritable épreuve pour notre acuité visuelle.

Dans le genre qui fait mal aux yeux aussi, en ce joli mois de mai, j’ai consulté mes stats de blog, et dans les mots-clés tapés dans le mois écoulé, par des internautes, et qui les a menés tout droit chez moi, je vous fais que le podium des plus louches, les autres sont moins intéressants :

-          En 3e position : « bita kola » : dénonce toi petit malotru (ça signifie sale petit bâtard en langage soutenu) qui souhaite voir mon membre anonymement sur la toile (si tu es une fille, joins photo et numéro de téléphone). De plus, sachant que je n’en tire aucune fierté particulière, je n’ai pas spécialement tendance à l’exhiber, surtout pas sur Internet.

-          En 2e position : « bouffeuses de merde » : ça me laisse sans voix … en plus c’est même pas un fantasme. Pire je trouve même pas ça drôle, ça aurait plutôt tendance à me faire vomir, au mieux, dans ma bouche (1200 euros dans un Mac Book tout neuf pour le couvrir de vomi, merci bien). Là je suis pantois et contrairement à la première requête, j’encourage chaleureusement la ou les personnes qui ont cherché cela à ne pas me contacter (surtout si tu es une fille, car tu as des pratiques que je trouve un peu bizarre)

-          Enfin, le grand champion revient légitimement à « gamines de 12 ans sexy » : alors toi je t’invite instamment à te rendre au commissariat ou hôpital psy le plus proche pour te faire interner dans les plus brefs délais, ça t’éviteras de faire une connerie (NB : cette requête ci m’a un peu choqué, je dois bien l’avouer)

Tout ça pour en venir où, me direz vous. Et ben tout ça pour vous dire que j’ai vu Machete (genre 4 fois en 9 jours), et que j’ai trouvé ça mortel et que du coup, je comptais vous en parler, ce qui tombe plutôt bien, vu que je tiens un blog où dont que je fais des chroniques. L’histoire est la suivante : Once upon a time …

L’histoire commence quand Machete est encore un Federales droit et intègre mais qu’il ne faut quand même pas trop faire chier et avec qui tu as plutôt intérêt à traverser dans les clous et à bien attendre que le bonhomme soit vert avant d’y aller sous peine de sodomie option clous rouillés-harissa. Un flic droit dans ses bottes, qui lutte pour la justice, mais limite zélé quoi. Parti pour arrêter Torrez, un des barons du crime au Mexique, il tombe dans un sale guet-apens, sa femme perd la tête devant lui … au sens propre du terme car coupée par le sabre de Torrez et on sait pas trop ce qui arrive à sa fille mais ça doit pas être joli joli. Les méchants fouttent le feu à la baraque où ils abandonnent Machete, le laissant pour mort. Petite ellipse, et on retrouve notre bon Machete (il est surnommé ainsi à cause de son goût immodéré pour les armes blanches, plus particulièrement les machettes) devenu immigrant clandestin au Texas, où il propose ses services d’homme à tout faire aux riches gringos. Par un coup du sort, il devient un tueur engagé pour assassiner John McLaughlin qui se représente aux élections sénatoriales du Texas. Cependant, il se fait tendre un piège par ses propres employeurs. Blessé par balle, il revient bien décidé à se venger de Torrez, car c’est quand même cette salope qui est à l'origine de toutes ses déconvenues. Machete, le « dangereux mexicain » entre en guerre dans une bataille sanglante contre de dangereux « rednecks » armés jusqu'aux dents, ainsi qu'un important trafiquant de drogue. Ils comprendront tous à leur dépend qu'ils n'ont pas fait chier le bon mexicain.

Ce qui est drôle avec ce film, c’est qu’à l’origine, Machete était une fausse bande-annonce projetée en même temps que le diptyque Grindhouse, hommage aux films d'exploitation que sont les segments Planète Terreur et Boulevard de la mort, réalisés par Robert et son copain Quentin Tarantino. Plein de monde a poussé au cul, et Rodriguez s’y est attelé. Grand bien lui en a pris. Parce que Machete, c’est de la bombe. Un petit bijou badass, qui rend, lui aussi, hommage à la grande époque du cinéma d’exploitation, et pour une fois, le super héros tueur de fils de mort n’est ni chinois, ni américain mais un bon gros chicanos, interprété magnifiquement par Danny Trejo. Et Machete est un condensé de toutes les petites recettes des séries B 70's : violence exacerbée à la limite du granguignolesque, un peu d'érotisme léger mais quand même polisson, des personnalités plus que des personnages, des méchants vraiment méchants et des gentils immortels ... Les 70's était les grandes années de la Blaxploitation, Rodriguez lance pour les années 2010 la Mexploitation avec ce héros haut en couleur.

En parlant de distribution (pas de pains dans la gueule, ça Danny a besoin de personne), celle de Machete est juste ahurissante : Michelle Rodríguez, Jessica Alba, Robert De Niro, Jeff Fahey, Lindsay Lohan, Cheech Marin, Steven Seagal, Daryl Sabara, Don Johnson, Tom Savini … du très très lourd !!! A cela, on ajoute quelques 2e et 3e rôles bien  sentis : les nièces de Robert en infirmières ultra sexy, Alicia Rachel Marek en mère de Lindsay Lohan et épouse de Jeff Fahey bête à manger du foin, mais physiquement intelligente … Vous noterez que, toujours d’après moi, un 3e rôle bien senti c’est une bonasse qui montre ses cuisses, ce Pepsi Kola, quel cuistre (et poète en plus) !!! Rien a dire non plus sur la bande originale (Tito and Tarantula, Chingon, …). De tous ces points de vue ce film est un réussite. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, la réalisation est nickel, le scénario efficace, les acteurs jouent à merveille. Un petit bout de bonheur en cette période de crise. Rodriguez et Maniquis nous fendent de quelques petits gags crasseux ou comment une femme nue cache t’elle son GSM, ou « t’as vu, j’descends à la corde à nœud avec tes intestins ». Plein de finesse et de poésie. Machete nique tout ce qui bouge sexuellement (et il a de quoi faire l’animal) comme mortellement parlant. Et que dire de la scène « Spartacus livre l’ultime bataille » à base de lowriders à suspensions hydrauliques et Harley’s à sulfateuse, pour aller bouffer du "bas du front" raciste et républicain (à croire que c’est un synonyme).

Une fois encore, comme vous le constatez, je suis extrêmement objectif et vous dresse avec brio une analyse sans parti pris. Bon c’est pas vrai, j’en fais des caisses, j’en rajoute, je m’égare dans des pérégrination sans fondement juste pour vous dire que j’ai trouvé ça bien, et en plus c'est pas spécialement bien écrit. Donc voilà, j’ai trouvé ça bien et même plus. Rodriguez nous promet une et peut être même 2 suites, ben perso j’ai drôlement hâte. Merci à tonton Mitch de m’avoir montré ce petit chef d’œuvre badass, vicieux, violent et crasseux. Si vous aimez le genre, foncez les yeux fermés mais pensez à les rouvrir quand le film démarre, sinon vous manquerez des trucs. Si vous n’aimez pas, tant pis pour vous. Perso, comme on dit sur Facebook, « J’aime » (je kiffe grave même).

mercredi 25 avril 2012

L’Âme du Mal – Maxime Chattam


Je vous le concède bien volontiers, en ce moment, j’en branle vraiment pas une. Je suis loin de mon objectif de 1 billet par semaine. C’est l’époque qui veut ça ma bonne dame. L’an dernier déjà, si tu regardes bien, j’avais un peu rien branlé en avril et en mai. Bon cette année, je vous ai aussi enflé mars, vous m’en voyez désolé mais je fais qu’est ce que je peux avec qu’est ce que j’ai, désolé. J’aurais pu arguer que c’était pour laisser le temps aux nouveaux de lire tout depuis le début mais même pas. Il y a quelques mois, je vous avais prouver par A + B, et pourtant je suis une vraie chèvre en mathématique, que j’étais pas mal partisan du moindre effort, doublé d’une couleuvre patentée. Donc je ne me perdrais pas en pérégrination inutile pour vous expliquer quelque chose que vous savez déjà : je suis un peu fainéant. Par-dessus tout ça, en ce moment ça bouge chez Welcome Noise. On a fait notre premier concert avec Greg à la gratte , Nota Bene, et même si je veux pas balance, il paraîtrait que Greg de Welcome Noise (un noble très certainement), et Ginger Balls (vous savez le chroniqueur qui, comme Tonton Mitch, devait me filer un coup de patte pour faire vivre ce blog de temps en temps mais qui est, comme Tonton Mitch, un bon ramier également) ne serait qu’une seule et même personne, mais pas genre un guerrier Super Saïen qui serait le résultat de la mutation de 2 combattants en un seul, non, non, vraiment juste le même mec. Premier concert de Greg et donc du taf, et dans le même temps, comme on est un peu des foufous, on a commencé à tourner un clip avec les excellentes et fort charmantes (toutes sans exception) Simones, l’équipe de Roller Derby d’Orléans, qui sera prêt quand il sera prêt, je vais encore pas devoir perdre du temps à expliquer que mes popains et moi, on est pas des rapides (et sans faire d’allusions scabreuses, les Simones ne s’en sont pas plaint).

 Cette photo n'est que amour, joie et bonheur !!!

Comme vous pouvez le constater, y en avait pour de la monnaie ce jour là. Que de la mauvaise graine, qui ne pense qu’à se vautrer dans le stupre et la luxure, noyé sous des litres de bières. S’il avait été avec nous ce week-end là, Maxime Chattam en aurait sûrement fait un livre, le problème étant que l’Âme du Mal comme titre, c’était déjà pris. Aussi surprenant que l’élimination de Barcelone en Ligue des Champions (classe la référence non ? C’est au moins d’actualité. J’aurais pu prendre le score faramineux de Marine Le Pen à jouir aux Elections, mais vu le nombre de connards que je peux croiser tous les jours, ça, malheureusement, ça m’a pas trop surpris), j’arrive ou je veux en venir en commençant à vous parler de complètement autre chose. Une dépêche AFP vient de tomber : « Ce n’est plus à prouver, Pepsi Kola est quand même pas mal balaise ».

Tout ça pour dire que j’ai lu l’Âme du Mal de Maxime Chattam et que c’est drôlement bien. Parlons peu, parlons bien, voici la synthèse de l’histoire de cette œuvre de fiction en une phrase ou un petit paragraphe, mais également marque de pâtisserie fabriquée par Brioche Pasquier, ce qui ne veut rien dire dans le contexte … le pitch donc :

L'histoire démarre dans les 80’s, ce qui aurait sûrement plu à Calvin Harris, et commence par la disparition d’un enfant, dans un centre commercial, au rayon jouets, où sa mère l’avait laissé histoire de faire le reste des courses tranquillou. Elle est quand même un peu cruche, quand tu es là dès le début d’un livre policier, tu fais un peu gaffe quand même merde, tu te doutes que ça va puer la merde pas tard. D’un coup d’un seul, on se retrouve direct au début des années 2000 dans la ville de Portland, au début de l'automne, saison pourrie s’il en est, particulièrement dans le Pacific North West. Joshua Brolin, inspecteur de police trentenaire un poil beau gosse, se lance à la poursuite d'un tueur en série, en ayant recours au profilage criminel. Dès le début, il sauve de Juliette Lafayette, jeune étudiante en psychologie prisonnière de Leland Beaumont aka le Boucher de Portland. Il est abattu d'une balle dans la tête par ce bon Joshua. Une année plus tard, une femme dont le corps est atrocement mutilé est découverte dans un squat situé dans un jardin public de Portland. L'autopsie de la malheureuse révèle que le meurtre a été effectué selon le même rituel qu'opérait Leland Beaumont, faisant resurgir son ombre. Joshua Brolin prend alors l'enquête en main (à défaut d’autre chose), pendant que la ville se fait l'écho du retour du fantôme de Leland. Puis une étrange lettre est adressée à la police... avant qu'un second meurtre tout aussi cruel ne soit commis. Protégeant Juliette terrorisée (et entre nous soit dit, il va pas prendre son taf à la légère si vous voyez ce que je veux dire) par cette nouvelle vague de meurtres, Joshua Brolin s'engage dans une véritable course contre la montre.

Une fois encore, vous l’aurez compris, si je vous en parle c’est que c’était bien. Mais vraiment bien, quoi, j’ai un peu ressenti le même sentiment qu’en lisant mon premier Connelly qui était « Putain de bordel de merde, y a de sacré tordus chez les auteurs de romans policier, mais ils savent écrire ces enculés » (vous excuserez mon langage trivial mais le bonheur me rend un peu vulgaire parfois). Y a un rythme bien soutenu et pas trop régulier pour que ça ne devienne pas chiant et téléphoné, c’est haletant grâce à une alternance du chaud et du froid (et des fois un peu de tiède), l’auteur met bien en avant qu’il s’est documenté comme un cochon sur tout ce qui est profilage criminel et police scientifique, pour servir au mieux son bouquin et ce qui lui donne une véritable légitimité. Les héros sont tous assez attachant, les tueurs monstrueux, l’ordre des choses est respecté. Joshua Brolin est vraiment un personnage qu’on a envie de retrouver rapidement. Maxime Chattam a un style hyper nord américain dans son écriture (courts chapitres, tension permanente, rebondissements, scènes d’horreur, héros émouvants qui conservent une part de mystère, structure cinématographique…), un peu comme Dantec (il a vécu et vit peut être même toujours aux States je crois bien).

L’Âme du Mal est le premier tome de la trilogie de Chattam. J’ai lu le second tome, In Tenebris, qui met comme le premier furieusement la clim, et je devrais donc m’attaquer à Maléfices, le 3e et dernier volet, chaque tome représentant une saison (L'automne pour L'Âme du mal, l'hiver pour In Tenebris et enfin le printemps avec Maléfices comme dans la vie du héros de la série, Joshua Brolin.). Un auteur qui ne peut pas laisser de glace et qui risque de vous faire faire des cauchemars. Un bouquin bien écrit, qui se dévore plus qu’il ne se lit et pour une fois qu’un frenchy fait aussi bien que les ricains, sur le propre terrain, on va pas se gêner !!! Recommandé par le Pepsi Mollard Reader Digest …


jeudi 5 avril 2012

Funny Games / Funny Games U.S. – Michael Haneke

Je vous le concède je vous néglige un peu en ce moment mes petits frelots. C’est pas par manque de temps, enfin un peu quand même mais pas que. Petite baisse de motivation mais on se reprend et on s’y recolle … enfin moi surtout, car votre activité à vous, la lecture de ce blog, n’est possible que si j’exerce la mienne, à savoir l’écriture d’article pour ce blog. Y avais un moment que je voulais m’essayer à l’exercice de la chronique comparative, comme un journaliste de Auto Moto. Bon pour ce qui est des véhicules à moteur de 2 ou 4 roues, n’étant pas expert et pas non plus super passionné par cela, je savais pas trop comment faire. M’est venue ensuite l’idée de faire une étude comparative des Pump Omnilite et des Pump Tennis tige haute. La sneakers est un sujet, comme vous le savez, qui fait naître en moi les plus grandes passions, les sentiments les plus fous … Je sais de toutes les façons que l’essentiel de mon lectorat me connaît dans la vraie vie, et je crois que ce n’est un secret pour personne, je kiffe les baskets (on me signale que mon banquier précise « même un peu trop M. Kola ») !!!

Après dans un blogzine culturel, est ce qu’une chronique basket à vraiment sa place, j’en doute. Après je vais commencer à jouer sur les 2 tableaux, et je ne crois pas être capable d’assumer la double casquette « je chronique des choses culturelles mais pas trop avec un tant soi peu d’humour en tout cas j’essaie » et « je suis trop influent dans le domaine du blogging mode, docteur es gloss et connais par cœur l’implantation de près de 95% des H&M du territoire et mon blog est trop girly (déjà qu’il est rose) ». Donc le clash Pump vs. Pump, j’ai laissé tomber, j’me doutais que ça intéresserait pas grand monde. Surtout que comme chacun sait, ces 2 modèles n’ont strictement rien à voir, la tige de la Pump Omnilite étant nettement plus haute … et grâce à ça elle obtient ma préférence, car cheville mieux tenue et, je ne sais pas pourquoi, une sensation de largeur drôlement appréciable. Mais je suis quand même aux œufs dans les Pump Tennis. Qu’on se le dise, Pepsi Kola aime bien aussi quand c’est serré !!! Je laisse l’interprétation de cette dernière phrase à votre endroit, « comprenne qui doit … ou qui peut » (copyright les VRP). Une fois encore, j’évite adroitement de me vautrer dans la galéjade triviale et scabreuse, tout en étant quand même bien vulgaire … la finesse du sumotori au cheval d’arçon !!!

Donc j’aime que ce soit large mais ne rechigne pas non plus quand c’est un peu serré. Ben vous me croirez ou non, c’est un peu ce qui se passe dans Funny Games. Des fois c’est large, mais putain des fois c’est chaud. Et coup du sort, j’ai vu en quelques semaines la version originale, autrichienne donc, et la version U.S., toutes les 2 réalisées par Haneke. Attend, attend, j’aime la moustache, les baskets, les beachcruisers (c’est une sorte de vélo trop confort et avec un look à tomber. Ca aussi un jour faudra qu’on en parle, mon mien est décédé mais je réfléchie à un achat futur), le rétro gaming et Haneke : I’m a fucking hipster … merde, triste constat !!! Enfin parlons peu parlons bien, la briochette Pasquier sous vide, individuelle et fourrée à la confiture :

Déjà pour faire court, je vais pas me fatiguer la nénette à vous développer 2 fois le scénario, sachant que c’est le même. C’est parti donc. Un couple, leur fils et leur chien partent passer quelques jours dans leur maison de campagne près d'un lac. En passant devant la maison de leurs voisins, ils s'étonnent de la présence de deux jeunes gens. À peine arrivés dans leur propre logement, l'un de ces deux jeunes vient leur demander un service. La voisine a besoin d’œufs pour faire un gâteau mais n’en a plus. Il se comporte avec une grande politesse, mais son attitude suscite un certain malaise : ayant pris en main le portable de la mère, il le laisse tomber, par une feinte maladresse (quel sacré coquin), dans l'évier rempli d'eau. Il est en suite rejoint par son compère, inquiet du temps que met le premier pour ramener 4 œufs (en fait, il arrête pas de les casser, c’est pour ça que c’est long). Ils sont l’un et l’autre bien éduqués, éloquents, et arborent un sourire radieux et de jolis vêtements blancs (c’est vrai que l’ensemble short court / polo / gant / pull col V full White ça se perd un peu). Ces derniers souhaitent les faire participer à un jeu. Les règles sont simples : "Vous pariez que vous serez toujours vivants demain à 9h00 ? Nous parions que vous serez morts. Partants ?" Les deux intrus vont progressivement adopter un comportement de plus en plus violent (à base de « je te casse la rotule à coup de club de golf) et prendre la famille en otage...

Admettez le, ça fout sévèrement la clim non ? Le film a subit de vives controverses dès la version autrichienne (qui est sorti genre 10 ans avant) à cause de sa violence ultra réaliste. On nage pas dans une piscine olympique d’hémoglobine, aucun membre ne se balade seul, et j’entends par membre bras/jambe/tête (rayer la mention inutile). Une certaine violence pas ordinaire (heureusement en plus) mais véritable, c’est exactement comme cela pourrait se passer dans ce genre de cas. De l’aveux même d’Haneke, ce film était une contestation sinon un avertissement à tous les réalisateurs qui ont un peu tendance à banaliser l’ultra violence et dans les films des quels on coupe des têtes, où le sang gicle dans tous les sens genre John Woo, Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez (que j’adore moi mais bon) ou encore les séries genre Saw, etc. Et l’angle choisit par Michmich est de nous faire réagir à cela en nous proposant le spectacle frontal (comprenez « gros coup de tête dans tes gencives ») d’une famille torturée à mort par 2 jeunes hommes à priori bien sous tout rapport, et le pire de tout sans réel motif. Il refuse l’entrainmentisation (mot qui n’existe pas et que je trouve assez parlant) de la violence et nous place donc en spectateur impuissant et pourtant un peu complice quand même et parfois même pris à parti par les tortionnaires. On voit rien et pourtant on comprend tout. Par exemple, toutes les scènes de meurtre sont filmées hors champs mais on pige bien ce qu’il se passe quand même. Et la pression psychologique qui nous est imposée est bien là et vénère comme il faut. Contrairement à ce que pourrait nous montrer les forts récréatifs Saw, une nuit de torture c’est moyen fun ou jouissif, c’est surtout très long et un peu pénible voir franchement douloureux par moment (ça dans Saw on le comprend bien). Beaucoup de plan fixe assez long, une musique lancinante. Et le plus dur c’est le mobile des 2 bourreaux … ils ne semblent même pas en avoir, éventuellement le plaisir mais on est même pas sur tellement cela semble pas les atteindre.

Voilà pour ce qui est de ma courte analyse et on va dire des points communs au 2 films qui sont très nombreux vous l’aurez compris. Haneke a fait un bête remake, quasi scène par scène, un film identique mais avec d’autres acteurs. Je peux difficilement vous en conseillé l’une ou l’autre. Les 2 sont vraiment bien. Dans les 2 cas, de très bons acteurs (je préfère la Anna US parce que bon Naomi Watts … what else, mais je préfère le Bouboule autrichien qui a pas le côté chien fou limite folasse de la version US qui est un peu agaçant). Après la version autrichienne, comme tout bon film teuton, point de vue photographie, on se croirait un peu dans un épisode de « Un cas pour deux », mais ça passe. Haneke avait justement revisité son film qui était passé un poil inaperçus à son goût, aux Etats-Unis notamment, car bon, question art, les ricains font souvent cruellement manque d’ouverture, et que comme en général, le reste du monde fait tout pareil qu’eux, il faisait là d’une pierre deux coups.

Un petit chef d’œuvre autrichien, une analyse clinique de la violence, dérangeante en diable mais bigrement efficace. Préféré l'un ou l'autre ça me semble chaud. Ca c'est comme pour Ugly Betty et Le Destin de Lisa, c'est la même chose mais pas réalisé avec la même culture, la même sensibilité, on retrouve pas exactement le même truc pourtant y a les mêmes ingrédients dans la même marmite.

En un mot (3 en faite mais l’expression consacrée usitée en pareil moment est ainsi faite) : Va chercher bonheur !!! (Bonheur c’est pas le mot mais plaisir et réflexion serait plus juste … enfin regarde le ou les comme tu veux).